15 Oct

L’olive française souffre de la sécheresse

french olive treeDes olives trop petites, parfois déjà flétries: la sécheresse qui touche le pourtour méditerranéen affecte la récolte des oléiculteurs français, réduisant la production d’olives de moitié dans certaines exploitations du Var et des Bouches-du-Rhône.

A Auriol, Jean-François Margier a débuté la cueillette de ses olives à huile jeudi, avec une semaine d’avance par rapport à l’an dernier. Juché dans un arbre, il actionne un bras mécanique au bout duquel huit pics tournent et agitent les branches. Les fruits tombent à terre, sur un sol asséché par quatre mois sans pluie significative.

Le compost qu’il a étalé aux pieds des arbres ou les tuyaux qui distillent de l’eau au goutte à goutte n’y font rien. Sur les plus jeunes arbres, ceux qui n’ont pas encore eu le temps de développer leurs racines, les feuilles sont ternes, les olives flétries, deux fois plus petites que la normale.

“L’olivier est un arbre qui s’acclimate parfaitement aux conditions sèches mais le manque d’eau accumulé ces quatre dernières années rend la situation inédite”, explique Christian Argenson, directeur de l’Association française interprofessionnelle de l’olive (Afidol) dont le siège est à Aix-en-Provence.

Il constate déjà les conséquences de ce déficit hydrique. “Les premiers résultats de la récolte d’olives de table qui a débuté fin août, montrent un recul de 40% par rapport à une année normale dans les départements les plus touchés par la sécheresse”, le Var et les Bouches-du-Rhône, dit-il.

Producteur d’olives de table dans la vallée des Baux-de-Provence (Bouches-du-Rhône), Raymond Gonfond confirme: “Notre olive est sèche, dure comme un noyau. La récolte se termine la semaine prochaine et on n’a que 75 tonnes pour l’instant, contre 150 en 2006, qui était déjà une petite année”.

A Auriol, Jean-François Margier désespère tellement de la petite taille des olives de certains arbres qu’il se demande s’il va les récolter. “Ce n’est pas une histoire de goût, explique-t-il, mais le coût de la main d’oeuvre représente deux tiers du coût de l’huile. Si on ne ramasse pas assez d’olives à l’heure, cela n’est pas rentable”.

Pour cette année, l’oléiculteur espère juste quelques gouttes de pluie qui permettraient d’améliorer un peu la fin de la récolte. Mais, caressant les jeunes oliviers plantés cette année sur sa propriété, il s’inquiète déjà pour les prochaines récoltes. “La fleur d’olive grandit sur les pousses de l’année précédente. Comme il n’y a presque rien eu cette année, on ne prévoit pas d’amélioration”.

Toutefois ces mauvais résultats ne pèseront que marginalement sur le prix de l’huile d’olive puisque les oléiculteurs français, avec 4.500 tonnes d’huile sur une année moyenne, produisent moins de 5% de la consommation totale des Français.

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