07 Dec

Tunisie – M. Fraj Jaboussi, agriculteur -«N’est pas exportateur qui veut»

olives vertes rameauxInterview par N. C.

Fraj Jaboussi est un agriculteur de la région de Bouarada, située à quelque 100 km au nord-ouest de Tunis. La région est notamment connue pour ses grandes cultures céréalieres et ses oliviers centenaires.

Comment se présente la récolte d’olives?
Elle est juste moyenne, soit environ la moitié de celle de l’année dernière. Vous savez, chez nous comme dans d’autres régions, c’est une année sur deux que l’on a de bonnes récoltes.

S’agissant du prix du kg, il change beaucoup. Dimanche dernier, on le vendait à 850 millimes, mercredi il a chuté à 700 millimes. Si bien que pas mal d’agriculteurs ont décidé de temporiser un peu pour voir plus clair. Et puis, actuellement, la tonne d’olives donne environ 20 l. d’huiles. Dans quelques jours, elle pourra donner 30 l. D’ailleurs, les grandes sociétés qui achètent les olives sur pieds, récoltent le plus tard possible. Les petits agriculteurs, eux, ont besoin d’argent, donc ils bradent leur produit aux commerçants qui, à leur tour, et moyennant un bénéfice, le vendent aux exportateurs.



Pensez-vous que la chaîne de l’agriculteur à l’huilerie est respectée?

Certains la respectent, d’autres pas. Tout dépend des moyens. En effet, certains agriculteurs continuent encore à mettre leurs olives dans des sacs en plastique, ce qui est très mauvais, alors que la plupart utilisent soit des sacs en jute soit des caisses en plastique. C’est le meilleur moyen pour bien conserver et préserver les olives. De toutes les façons, je peux vous affirmer que toutes les olives récoltées sont livrées le jour même à l’huilerie ou au commerçant qui, lui, les stocke en attendant de les vendre aux exportateurs.

Donc, il n’y a pas de stockage qui risque d’altérer les olives et par conséquent la qualité de l’huile?

Pas du tout, deux jours d’attente au maximum et c’est fini. Comme je vous l’ai déjà dit, la récolte est moyenne et les cinq huileries de la région travaillent à un rythme normal. Parfois, elles attendent l’arrivée de nouvelles quantités d’olives parce qu’elles ont tout traité.

Et pourquoi ne pas exporter?
Bonne question si l’on sait que l’huile de la région est de bonne qualité (taux d’acidité faible, goût excellent). Nos oliviers sont pour la plupart des chétoui. Mais pour exporter, il faut être spécialisé en la matière. J’estime que je ne peux pas du jour au lendemain m’ériger en exportateur.

Il faut beaucoup de savoir-faire, beaucoup de temps, pour prospecter les marchés qui préfèrent le goût et le parfum de notre huile, du temps aussi pour avoir un emballage approprié. Je suis agriculteur-producteur et je le resterai. Aux autres de poursuivre le travail. N’est pas exportateur qui veut et puis on ne peut pas tout faire soi-même.

[Source] Cliquer ici

One Response to “Tunisie – M. Fraj Jaboussi, agriculteur -«N’est pas exportateur qui veut»”

  1. Mahdawy Says:

    we are company of import &export based in Kuwait and we are looking for our custumers “Calamata Olives” and “Sardine with Oil” big quantity.

Leave a Reply