05 Jul

[Maroc] Huile d’olive: Lancement d’un fonds d’investissement

50 millions d’euros destinés aux projets oléicoles intégrés.

Par Amin Rboub,

La filière oléiculture prépare sa mue. Un important fonds d’investissement dédié aux grands projets de production industrielle de l’huile d’olive vient d’être lancé. C’était lors du 1er Forum de l’investissement de l’huile d’olive organisé les 29 et 30 juin par le Crédit Agricole à Skhirat. Initié en partenariat avec Asset Management (Société Générale France) et le Crédit Agricole, ce fonds est dénommé «Olea Capital». Doté d’une enveloppe de 50 millions d’euros, ce fonds devra financer des projets oléicoles industriels intégrés dont la superficie dépasse les 400 hectares.


L’intérêt de cette démarche est de permettre aux exploitations marocaines de passer aux process industriels et à l’export. C’est aussi l’esprit du 1er Forum de l’investissement dans l’olive. L’objectif de ce forum est «de mettre en contact producteurs, agriculteurs, investisseurs potentiels de la filière et des conseillers et experts qui étudieront des projets et présenteront des formules d’exploitation et de financement personnalisées», souligne Ouafa Chaqrouni, chargée de la Direction Marché des filières alimentaires au Crédit Agricole. La banque a fait appel à différents intervenants de la filière oléicole: ingénieurs agronomes, fournisseurs de matériel, de fertilisants et services…
De l’avis des différents participants, le secteur rencontre de nombreuses contraintes: une quasi-absence d’organisation profonde en amont et en aval, une dispersion et exiguïté des parcelles, une dominance d’un mode de conduite traditionnel, une faible diversité du matériel végétal. Le manque d’intégration de la filière et la vétusté de certaines unités de transformation sont aussi pointés du doigt. Jusque-là, et selon des analystes, la filière est caractérisée par une grande atomisation. Le patrimoine national est encore dominé par la micro-propriété. Sur une superficie globale exploitée d’environ 600.000 hectares, 74% sont des micro-exploitations inférieures à 5 hectares. L’ensemble de la superficie exploitable est réparti sur 400.000 ha et 800.000 parcelles, soit une moyenne de 1,5 ha par exploitation. L’on parle de 16.000 mâasra traditionnelles qui traitent quelque 170.000 tonnes. Pour un bon nombre d’experts, le secteur gagnerait à regrouper les petites exploitations en coopératives pour disposer de la taille critique et développer des technologies du terroir.
Le modèle italien est riche en enseignements sur ce registre: l’exemple d’une coopérative italienne qui a commencé avec 60 producteurs et qui en compte aujourd’hui plus de 4.000 organisés à la fois en amont et en aval. Autre modèle étranger étudié lors du forum, celui de l’Espagne. «La production de la filière oléicole espagnole, en Andalousie notamment, colle parfaitement aux spécificités locales, estiment des experts. Rien qu’en Andalousie seulement, la superficie exploitée est de l’ordre de 1,2 million d’hectares avec une production de 550.000 tonnes. Tout au long du forum, des réflexions ont été menées sur les normes d’hygiène, d’étiquetage et de traçabilité de l’huile d’olive. Jusque-là, les Européens reprochent à l’huile d’olive marocaine son fort taux d’acidité.


Les dérapages du vrac
En marge du forum, de nombreux producteurs ont dénoncé des difficultés organisationnelles au niveau de la commercialisation qui sont aggravées par les intermédiaires qui interviennent entre producteurs et transformateurs.
Mais ce qui inquiète le plus, c’est la commercialisation et l’exportation du produit marocain en vrac. Du coup, il est récupéré et labellisé par des pays étrangers, souligne Mounia Benkirane, productrice de produits terroirs dans le Saïss. Celle-ci tire la sonnette d’alarme et recommande de préserver la plus-value locale en verrouillant l’aval.Source & Lien

Leave a Reply