05 Jul

[Maroc] La compétitivité passe aussi par l’habillage

Par T.Q

· Une grande diversification mais sans valeur ajoutée
· Des outils de transformation largement vétustes

VERTES, noires, tournantes, dénoyautées, confites, farcies, marinées…les olives marocaines s’accrochent tant bien que mal à la tendance internationale.


Aujourd’hui, le Maroc est classé 2e exportateur mondial d’olives de table et commercialise notamment sur la France, les Etats-Unis, l’Italie et l’Allemagne.
Quant à l’huile, elle est principalement exportée vers l’Espagne, l’Italie et les USA.
Cependant, déplorent des opérateurs, ces produits sont commercialisés le plus souvent en vrac, sans apport industriel ni packaging et, donc, sans grande valeur ajoutée. «Ceci, à un moment où nous ne jurons que par les possibilités offertes par les accords de libre-échange signés entre le Maroc et un certain nombre de pays. Nous oublions que seuls des produits hautement compétitifs en matière d’emballage sauront s’introduire dans ces marchés», expliquent des professionnels.
Une situation encore plus prononcée pour l’huile d’olive. Au caractère instable de cette production d’une année à l’autre, à cause de l’alternance de production des vergers, s’ajoute la faible compétitivité du produit. Faute d’efforts, la production est destinée principalement au marché intérieur. Un débouché où elle fait l’objet d’une concurrence sérieuse, du moins dans les grandes surfaces où les produits venant des autres pays du pourtour méditerranéen sont vendus.
Et le peu des exportations marocaines en huiles d’olives est destiné aux USA, Espagne et Italie.
Pour cet exercice, les exportations ont avoisiné les 25.000 tonnes sur l’Espagne essentiellement, étant donné la mauvaise campagne de ce pays. Et cela contre 6.000 tonnes en 2004-2005. C’est dire que même les pays producteurs sont fortement demandeurs, surtout lorsque la qualité est au rendez-vous. A ce niveau, rappelons le succès de la marque Volubilia, issue de la région de Meknès, qui a remporté en Italie le prix de la meilleure huile «extra-vierge» pour l’année 2006. Un exploit surtout face à la réputation des huiles d’olive toscanes qualifiées de produit hors pair.
En matière de transformation, le secteur de la trituration absorbe 75% de la production. La filière est caractérisée par la vétusté des outils de travail et la dominance des maâsras, influant négativement sur la qualité de l’huile.
Secteur montant, la filière traditionnelle de trituration est composée de 302 unités industrielles ou semi-industrielles. Mais «alors que dans certains pays, c’est la machine qui va vers l’exploitation, chez nous, c’est toujours l’inverse», déclare un opérateur.
Des techniques modernes d’exploitation et de transformations commencent cependant à se frayer un chemin dans la région de Meknès mais aussi et surtout dans des fermes faisant partie du patrimoine Sodea-Sogeta, récemment cédées à des opérateurs privés. Leur généralisation est loin d’être acquise.
Le déficit en matière de vulgarisation de la notion de qualité (traçabilité, produits de terroir…) est également un handicap majeur au développement du secteur (voir aussi article en page 6).
Pourtant, les opportunités existent. Elles concernent un potentiel important d’extension du verger, une forte demande du marché internationale conjuguée à une grande capacité de transformation.

Profil variétal et certification

AU Maroc, l’oléiculture est essentiellement constituée de la variété «Picholine Marocaine» qui représente plus de 96% des plantations. Le reste (4%) concerne plusieurs variétés, en particulier: Picholine du Languedoc, Dahbia et la fameuse Meslala, concentrées essentiellement en irrigué (Haouz, Tadla, El Kelaâ) et de quelques variétés espagnoles et italiennes.
Une soixantaine de pépinières produisent des plants d’oliviers dont 23 sont agréés.
Ces pépinières ont une capacité annuelle de 8,6 millions de plants. En 2004-2005, 5,7 millions ont été certifiés.

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