22 Feb

Kabylie – La mouche de l’olive inquiète les techniciens

Par R. Oussada,

Le premier salon de l’agriculture et des produits du terroir organisé à Bgayet du 13 au 15 février, a été l’occasion aux techniciens du secteur de développer une série d’analyses technico-économiques inhérentes au développement, à la vulgarisation des nouvelles donnes phytosanitaires et à l’imprégnation à de nouvelles techniques de conduite des exploitations.


Dans cet ordre d’idée, l’un des conférenciers, M. Hamidi, technicien de la station régionale de protection des végétaux de Draâ Ben Khedda a actionné l’alarme sur l’effet dévastateur d’une bactérie appelée par les oléiculteurs la mouche de l’olive. L’insecte est classé comme l’un des principaux ravageurs du fruit vert dans le bassin méditerranéen. L’Institut national de la protection des végétaux qui a procédé à une étude étalée sur deux saisons sur la dynamique des populations diptères a conclu à des dégâts sur les plans quantitatif et qualitatif. Les chiffres avoisinent les 100 % d’olives piquées. M. Hamidi s’étalera sur le cycle de l’altération. La piqûre si elle ne provoque pas la chute précoce du fruit (avant maturation), la pulpe de ce dernier nourrira la larve, ce qui l’assèchera et c’est le poids qui se verra ainsi diminué. D’un autre côté, si la récolte subit un stockage, cela donnera lieu à une oxydation d’où apparition de moisissure et augmentation de l’acidité de l’huile extraite.

Pour éviter le désastre, la lutte chimique est la plus préconisée puisque elle permet une application rapide sur le terrain. Mais, la nature accidentée du relief, en Kabylie notamment, rend difficile, parfois impossible, l’accès du matériel de lutte. Les autres moyens sur lesquels on peut se rabattre sont, pour une première possibilité, la lutte biologique, autrement dit l’utilisation d’un parasitoïde, une méthode qualifiée de délicate (l’élevage de parasites sur le plan de la technicité) et la deuxième possibilité, vraisemblablement plus accessible, est la lutte biotechnique. L’étude de faisabilité aurait démontré un gain en quantité et en qualité. Il reste, selon l’orateur, que comme pour la teigne de l’olivier, ces méthodes voient leur application dépendre du comportement des agriculteurs à qui il est demandé une conduite de l’arbre anté et post-récolte. On ne suggère pas moins qu’à ce que des initiatives émanent des associations d’oléiculteurs, des instituts et des autres acteurs du secteur pour procéder à des démonstrations incitatives. Dans le même registre, M. Hamadi, inspecteur phytosanitaire, a mis l’accent sur la nécessité du contrôle phytosanitaire « sur le terrain » au niveau des pépinières. Une mesure soulevée après le constat que « les techniciens ont tendance à oublier leur rôle technique et à s’intéresser beaucoup plus aux bilans chiffrés ». M. Hamadi conditionne la réussite d’une plantation arboricole à la qualité des plants utilisés. Un mauvais contrôle, laisse-t-il comprendre, ouvre la voie à des maladies de dégénérescence (virus, viroïdes, mycoplasmes, …). « Le dépérissement de l’arbre conduit bien entendu à une baisse sensible des productions », conclut-il.

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