02 Sep

Huiles d’olive: Pas si vierges que ça

Par Anne-Sophie Stamane,

huile d'olive bouteilleL’huile d’olive, reconnue pour ses effets bénéfiques sur la santé, a bonne presse. Encore faut-il que la qualité soit au rendez-vous. Une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a mis en évidence des infractions sur l’origine et la composition réelle de certaines huiles.

Peut-on cuisiner à l’huile d’olive les yeux fermés ? A priori, ses vertus nutritionnelles parlent pour elle, et expliquent que sa consommation en France a augmenté de 86 % en 6 ans. Mais une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) publiée cette semaine ternit le tableau. Huile espagnole vendue comme italienne, ajout parfois massif d’huile de tournesol, fausses indications sur les variétés d’olives utilisées : l’analyse, fin 2006, de 211 échantillons prélevés dans les moyennes et grandes surfaces, chez les grossistes, sur les foires ou dans les moulins de production a révélé que 23 % des huiles d’olive n’étaient pas conformes à la réglementation européenne. Vingt et un pour cent ont été déclarées « à suivre », pour des doutes sur l’origine géographique, de légers défauts de composition et un étiquetage pouvant prêter à confusion. Au total, la DGCCRF a procédé à 11 rappels de réglementation, 6 notifications réglementaires et a dressé 8 procès-verbaux de délit ou de contravention. Deux dossiers transmis à la justice pour étiquetage mensonger, aggravé dans un cas de falsification, ont abouti à la condamnation de chaque entreprise à 5 000 euros d’amende.

Les huiles d’olive « premier prix » ne sont pas les plus « frelatées » du lot. Sur les 26 produits de ce type contrôlés, seulement trois étaient non conformes. Il faut dire que les étiquettes de ces huiles ne mentionnent pas d’origine, ce qui annule le risque de tromperie sur ce point. « De plus, note la DGCCRF, ces huiles premier prix sont issues à 80 % du même conditionneur espagnol qui, suite à des non-conformités dans le passé, réalise un autocontrôle organoleptique systématique en France […]. » À l’autre bout de l’échelle, parmi les huiles les plus chères, il est rassurant de constater que tous les échantillons provenant d’huiles bénéficiant d’une appellation d’origine contrôlée sont conformes. Malgré ces bons points, la DGCCRF rappelle qu’en 2005, le taux de non-conformité des huiles contrôlées n’était que de 19,9 %, soit plus bas qu’en 2006. Elle explique la hausse des infractions constatées par l’extension des contrôles à des départements qui ne participent habituellement pas à l’enquête.

[Source] Cliquer ici

Leave a Reply