
Sa beauté, ses origines, son histoire — les variétés, les champs, les images.
La vraie lavande — Lavandula angustifolia — est originaire de la Méditerranée occidentale, et elle a trouvé sa patrie spirituelle sur les hauts plateaux calcaires de Provence : Sault, Valensole, la Drôme. Pendant des siècles, elle a poussé à l’état sauvage sur les coteaux avant qu’on ne songe à la planter dans les longues rangées violettes que nous photographions aujourd’hui. On la récoltait pour son huile, prisée des Romains, qui en parfumaient leurs bains — le nom lui-même vient du latin lavare, « laver ».

La plupart de ces champs vastes et uniformes des cartes postales ne sont pas de la vraie lavande : c’est du lavandin, un hybride vigoureux de lavande vraie et de lavande aspic. Le lavandin est plus rustique, donne bien plus d’huile et pousse en grosses touffes rondes ; c’est lui qui parfume la plupart des savons et des produits ménagers. La vraie lavande fine est plus petite, pousse plus haut en montagne, et donne une huile plus douce, plus suave, plus médicinale — celle que préfèrent les parfumeurs. L’indice dans les champs : la vraie lavande pousse en touffes lâches et irrégulières ; le lavandin en montées nettes et identiques.
Si vous voulez la voir : la lavande de Provence fleurit de la fin juin à juillet, et la récolte se prolonge en août, les abeilles travaillant les rangées dans une brume. Valensole et le plateau de Sault sont les grands spectacles. Allez-y à l’aube, avant la chaleur et la foule — c’est ce qu’un champ de fleurs offre de plus proche de la mer.
Et voilà le salon de lavande. Maintenant, revenons aux olives.