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Beni Ourtilane, Sétif, célèbre chaque année la journée de l’huile d’olive

Chaque hiver, dans les collines en terrasses de la Petite Kabylie autour de Beni Ourtilane, la récolte devient une fête. Un vrai rite agraire – vieux pressoirs, vergers familiaux, première huile de l’année – et un regard sur des montagnes algériennes qui vivent encore au rythme de l’arbre.

Kabylie
son cœur
Chemlal
l’olive locale
Hiver
récolte et fête
Terrasses
vergers de montagne
~80 M
oliviers algériens

Au nord de Sétif, là où les Bibans et les Babor plongent vers la vallée de la Soummam, l’olivier n’est pas une simple culture : c’est une manière de vivre. Beni Ourtilane est l’une de ces communes de montagne où la récolte hivernale devient une fête publique – huile fraîchement pressée, repas partagés, savoir-faire transmis dans des familles qui portent encore le nom de leurs vergers. L’Algérie compte des dizaines de millions d’oliviers, et la Kabylie en est le cœur vert.

Pourquoi la montagne cultive l’olivier

Le paysage kabyle est raide, pierreux et difficile à mécaniser : c’est précisément ce qui convient à l’olivier. L’arbre tolère les sols maigres, la sécheresse et l’altitude, et ses terrasses retiennent le versant contre l’érosion. Les vergers sont anciens, souvent centenaires, travaillés à la main. Ce qui paraît pittoresque au visiteur est en réalité un long système de survie : l’olivier nourrit la maison, huile la cuisine et, les bonnes années, laisse un surplus à vendre.

Le Chemlal, l’olive de Kabylie

La variété dominante en Kabylie est le Chemlal – petite olive rustique et généreuse, cultivée surtout pour l’huile et bien adaptée au climat de montagne. À côté poussent l’Azeradj et d’autres types locaux ; les plaines de l’ouest préfèrent la charnue Sigoise, olive de table. Des moulins de pierre, dont certains tournent encore, pressent le fruit peu après la cueillette : l’huile verte et trouble qui en sort est le goût que la fête honore. Elle est robuste, herbacée, un peu amère – la marque d’un fruit précoce et sain.

1234Le pays de l’olivier kabyleLes communes de montagne au nord de Sétif, dans la SoummamKey olive regionPays de l’olivierRécolte : nov.-janv.

1Beni Ourtilane 2Sétif 3Béjaïa 4Tizi Ouzou
Beni Ourtilane est en Petite Kabylie, au nord de Sétif ; la ceinture oléicole se poursuit vers Béjaïa et Tizi Ouzou.

Une fête qui est en fait une défense

Voici la lecture honnête de ces journées de l’huile. Elles sont chaleureuses et photogéniques, mais elles font un vrai travail : garder visible une économie de montagne fragile. Quand les jeunes partent vers les villes, une variété comme le Chemlal et les moulins qui la pressent peuvent disparaître en silence. Mettre la première huile, les vieux pressoirs et le nom des producteurs devant le public, c’est au fond plaider pour que les vergers vivent – patrimoine et gagne-pain à la fois.

Ce qu’il faut en retenir

  • L’huile kabyle est précoce et robuste – attendez-vous à du vert, de l’herbe, du poivre, pas à un assemblage doux de supermarché.
  • Achetez-la trouble et fraîche si vous pouvez : ce voile, c’est le fruit non filtré, à boire jeune.
  • Le Chemlal est une olive à huile ; les grosses olives de table sont plutôt la Sigoise de l’ouest, un tout autre métier.
  • La fête est l’ancrage du calendrier – récolte, presse, dégustation, vente – pas un ajout touristique.

Huile d’olive kabyle : questions fréquentes

Où se trouve Beni Ourtilane ?

En Petite Kabylie, dans les montagnes au nord de Sétif, au nord-est de l’Algérie, dans la ceinture oléicole de la Soummam.

Quelle olive y pousse ?

Surtout le Chemlal, petite variété rustique et généreuse cultivée pour l’huile, avec l’Azeradj et d’autres à ses côtés.

Quand a lieu la récolte ?

Tout l’hiver, en gros de novembre à janvier, suivie du pressage dans des moulins traditionnels et modernes.

L’huile d’olive algérienne est-elle bonne ?

Oui – l’huile kabyle fraîche est robuste, verte et herbacée. Elle se fait souvent à petite échelle et se boit sur place plutôt qu’à l’export.

À quoi sert la fête ?

Elle célèbre la première huile de l’année et la récolte, et aide à maintenir vivante une économie oléicole de montagne fragile et son savoir-faire.

Le mot du métier

N’imaginez pas une huile embouteillée et lisse quand vous pensez à la Kabylie. La vraie est pressée dans un village de montagne quelques jours après la cueillette, versée trouble et verte, et épuisée au printemps. Robuste, un peu amère, vibrante de fruit frais – le contraire de l’huile pâle et fatiguée qui passe trop souvent pour l’article à l’étranger. Si vous approchez une récolte kabyle un jour, goûtez la première presse telle quelle ; elle en dit plus long que n’importe quelle étiquette.

D’après l’oléiculture algérienne et la tradition de récolte kabyle.