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Étalage de marché avec de nombreuses olives

Fausse Niçoise, faux Kalamata : le grand jeu de dupes des noms d’olives

Certains des noms d’olives les plus célèbres d’un menu ne sont, bien souvent, pas ce qu’ils disent. Une « Niçoise » est fréquemment une olive espagnole ; un « Kalamata », une olive péruvienne. Voici comment fonctionne l’échange — et le mot honnête qui vous dit la vérité.

Ce n’est pas la fraude grossière de l’huile de graines teintée en vert. C’est plus subtil et bien plus courant : un nom d’olive prestigieux et lié à un lieu, emprunté pour un sosie moins cher venu d’ailleurs. Deux exemples disent tout.

La « Niçoise » qui poussait en Espagne

Une vraie Niçoise est le cépage Cailletier, une petite olive sombre des collines niçoises, et la véritable olive de Nice porte une appellation protégée. Elle est rare et pas bon marché. Une grande partie de la « Niçoise » vendue à l’étranger est donc en réalité du Coquillo — une petite olive noire de Murcie, en Espagne. L’échange est crédible car le Coquillo est un vrai cousin proche du Cailletier.

Le mot honnête est « style »

Voici l’indice, et il est bon. Les importateurs sérieux étiquettent l’olive espagnole exactement pour ce qu’elle est : « Coquillo style niçois ». Ce petit mot, style, c’est le vendeur honnête qui vous dit la vérité. L’arnaque, c’est quand on laisse tomber « style » et « Coquillo », qu’on vous vend des olives espagnoles comme authentique Niçoise française, au prix français. Rien n’a changé sur l’olive — seulement l’histoire sur l’étiquette.

Le « Kalamata » qui poussait au Pérou

Le même tour vaut pour l’olive la plus célèbre de Grèce. Un vrai Kalamata est une olive grecque précise de la région de Kalamata, protégée dans l’UE. Son allure — grande, en amande, pourpre-noir, confite au vin — est largement imitée. Le remplaçant le plus courant est l’Alfonso (au Pérou : la Botija) : une grande olive pourpre sud-américaine, confite en saumure de vin et de vinaigre pour atteindre presque exactement la même couleur. Une bonne olive en soi — mais péruvienne, pas grecque, et souvent vendue simplement comme « Kalamata ».

Pourquoi c’est permis

Dans l’Union européenne, « Kalamata » et les olives de Nice sont des appellations protégées — les noms appartiennent légalement à leurs lieux. Mais ces protections s’arrêtent à la frontière de l’UE. Aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans une grande partie du monde, ces noms s’emploient librement, comme des styles plutôt que des origines.

Comment ne pas se faire avoir

Trois habitudes. Faites confiance au mot « style ». Un bocal qui dit « style niçois » ou « style Kalamata » est l’honnête. Lisez la vraie origine et le cépage — « produit d’Espagne », « Cailletier », « Botija », « Pérou ». Et méfiez-vous d’un nom célèbre bon marché. Aucun de ces substituts n’est mauvais — le Coquillo et l’Alfonso sont de bonnes olives. La seule chose de fausse, c’est le mensonge sur l’étiquette.