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Ifri lance l’huile d’olive Bio Cœur aromatisée à l’orange et à la tomate

Les huiles d’olive aromatisées — orange, citron, piment, basilic, tomate — sont partout désormais, et les producteurs ambitieux d’Afrique du Nord en font partie. Certaines sont bien faites et délicieuses ; d’autres sont des raccourcis pulvérisés. Voici comment se construisent les bonnes.

Huile aromatisée
une vraie catégorie
Co-broyage
la méthode de qualité
Infusion
la deuxième voie
Arôme ajouté
le raccourci à éviter
Huile de base
doit être un EVOO frais

Un producteur lançant une huile d’olive bio aromatisée à l’orange et à la tomate se balaie facilement d’un revers de main comme un coup marketing. Ce n’en est pas tout à fait un. Les huiles d’olive aromatisées ou « condiment » sont une catégorie réelle et en croissance, et les pays qui poussent le plus fort pour moderniser leur oléiculture — sur tout le sud de la Méditerranée et en Afrique du Nord — sont justement ceux qui les expérimentent pour créer de la valeur et se démarquer. Le hic : « huile aromatisée » recouvre tout, du produit magnifiquement élaboré à l’huile bon marché arrosée d’essence. Savoir faire la différence, c’est tout l’art.

La bonne voie : le co-broyage

Les meilleures huiles aromatisées se font par co-broyage — en écrasant l’ingrédient parfumant avec les olives, au moulin, de sorte que citrons entiers, piments ou herbes entrent dans la pâte et que leurs huiles et arômes sont extraits en même temps que l’huile d’olive. Les Italiens appellent la version aux agrumes agrumato. Le résultat est intégré et frais, le goût tissé à même l’huile plutôt que posé dessus. C’est plus cher et plus de travail — on broie de la matière en plus et on obtient un peu moins d’huile — ce qui explique précisément que ce soit meilleur et plus onéreux.

Méthode Comment on la fait Qualité
Co-broyage (agrumato) Fruits/herbes écrasés avec les olives au moulin La meilleure — intégrée, fraîche, aromatique
Vraie infusion De vrais ingrédients infusés dans une bonne huile, puis filtrés Bonne — goût authentique si la base est fraîche
Arôme / essence Arômes ou extraits ajoutés à une huile bon marché La plus faible — base médiocre cachée derrière l’odeur
Qualité de la base Doit être un extra-vierge frais Une base fatiguée ruine même une bonne méthode

Là où les huiles aromatisées trouvent leur place

Bien employée, une huile aromatisée est une belle touche de finition, pas un gras de cuisson : quelques gouttes d’huile au citron sur un poisson grillé, de l’huile pimentée sur une pizza ou une soupe, de l’huile au basilic dans une salade de tomates, de l’huile à l’orange sur un dessert ou un canard. Comme le goût est délicat, ce sont des huiles de cru — la chaleur en chasse aussitôt les arômes. Et comme les bonnes sont chères, elles méritent d’être réservées au moment, dans l’assiette, où cette note vive s’exprime vraiment. Voyez-les comme un assaisonnement, plus proche d’un beau vinaigre que de l’huile de tous les jours.

Ce que l’étiquette ne dit pas

Voici l’avertissement honnête. Un arôme est un merveilleux endroit où cacher une huile faible, car une forte note d’orange ou de piment masque une base plate, vieille ou raffinée. Le mot « aromatisée » sur une bouteille ne garantit rien de ce qu’il y a dessous. Lisez donc au-delà de l’arôme : cherchez une vraie base extra-vierge, une date de récolte, et un vocabulaire évoquant le co-broyage ou une vraie infusion (« broyé avec », « pressé ensemble », « infusé de vrai… ») plutôt que le vague « aromatisée » qui signifie si souvent essence dans une huile bon marché. Si c’est étonnamment bon marché pour un extra-vierge aromatisé, c’est la base qui fait l’économie, pas l’arôme.

Bien acheter une huile aromatisée

  • Cherchez le co-broyage ou une vraie infusion — de vrais ingrédients, pas une essence ajoutée.
  • Vérifiez que la base est un extra-vierge frais, avec une date de récolte ; l’arôme peut cacher une mauvaise huile.
  • Utilisez-la crue, en assaisonnement — la chaleur détruit les arômes délicats.
  • Achetez petit : c’est pour finir un plat, et cela se fane comme toute huile fraîche.
  • Méfiez-vous d’un prix d’aubaine — une bonne huile aromatisée coûte plus cher à produire.

Huiles d’olive aromatisées : questions fréquentes

Comment fait-on les huiles d’olive aromatisées ?

Les meilleures sont co-broyées — le parfumant est écrasé avec les olives au moulin. D’autres s’obtiennent en infusant de vrais ingrédients dans une bonne huile, ou, au pire, en ajoutant des essences à une huile bon marché.

Qu’est-ce que l’agrumato ?

Le terme italien pour l’huile d’agrumes faite en écrasant citrons, oranges ou autres fruits entiers avec les olives, de sorte que le goût est extrait avec l’huile plutôt qu’ajouté après.

Peut-on cuisiner avec une huile aromatisée ?

Mieux vaut éviter. La chaleur chasse les arômes délicats ; les huiles aromatisées sont pour la finition à cru — sur un poisson, une salade, une soupe ou un dessert.

Une huile aromatisée est-elle toujours de qualité ?

Non. Un arôme fort peut masquer une base faible, vieille ou raffinée. Cherchez une vraie base extra-vierge avec une date de récolte, et une formulation évoquant le co-broyage ou une vraie infusion.

Pourquoi les bonnes huiles aromatisées sont-elles chères ?

Le co-broyage et la vraie infusion emploient des ingrédients en plus et donnent un peu moins d’huile ; elles coûtent donc plus cher à produire. Une huile aromatisée étonnamment bon marché a en général une base médiocre.

Le mot du métier

Ne raillez pas les huiles aromatisées, mais ne vous laissez pas éblouir. Les bonnes sont co-broyées — citrons ou piments entiers écrasés avec les olives — et c’est un régal, quelques gouttes d’assaisonnement pour finir un plat, jamais un gras de friture. Les mauvaises sont toute la raison de rester vigilant : une grosse note d’agrume ou de piment est le déguisement parfait d’une base plate, vieille ou raffinée, et « aromatisée » sur l’étiquette ne promet rien de l’huile dessous. Cherchez une vraie base extra-vierge et une date de récolte, utilisez-la crue, et si c’est bon marché pour ce qu’elle prétend être, l’arôme couvre l’huile.

D’après les méthodes de production des huiles d’olive aromatisées (co-broyage/agrumato, infusion) et les oléicultures en modernisation du sud de la Méditerranée.