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Origine de la Tapenade

La tapenade, c’est le goût d’un apéritif provençal, tartinée sur un toast à côté d’un verre de rosé. Mais son nom cache une surprise : il ne vient pas de l’olive, mais de la câpre. Comprenez cela, et vous comprenez à la fois le mets et les pâtes antiques qui l’ont précédé.

Tapeno
câpre, en provençal
Câpres
la note qui signe
Marseille
son berceau moderne
v.1880
la recette classique
Antiquité
ses ancêtres

Demandez à quiconque ce qu’est la tapenade : on vous répondra une pâte d’olives noires. À moitié juste — mais le nom raconte une autre histoire. Tapenade vient de tapeno, le mot provençal pour la câpre, et c’est là tout l’indice : le mets porte le nom de l’ingrédient que l’on oublie le plus souvent. Les olives font le gros, mais c’est la câpre, vive et florale, qui élève une simple purée d’olives au rang de tapenade. Saisissez l’étymologie et vous tenez le secret de la recette en un seul mot.

Plus ancienne que son nom

Les pâtes d’olives pilées sont très anciennes. Deux siècles avant Jésus-Christ, l’auteur romain Caton décrivait l’epityrum — une préparation d’olives vertes ou noires dénoyautées, écrasées avec de l’huile, du vinaigre, de la coriandre, du cumin, du fenouil, de la rue et de la menthe. C’est un proche cousin de la tapenade, preuve que la Méditerranée écrase des olives en tartinade depuis bien plus de deux mille ans. Mais l’epityrum n’est pas tout à fait la tapenade : il lui manque ce que le nom exige, les câpres. L’idée est antique ; la version provençale, définie par la câpre, est ce qui a mérité le nom.

v.600 av. J.-C. Des colons grecs fondent Massalia (Marseille) et répandent l’olivier en Provence
IIe siècle av. J.-C. Caton consigne l’epityrum, une préparation d’olives aux herbes — un lointain ancêtre
À partir du Moyen Âge Le câprier épineux est cultivé dans tout le midi provençal
v.1880 On attribue à un cuisinier marseillais la tapenade classique aux câpres et olives
Le nom Du provençal tapeno — câpre — et non de l’olive

La câpre est le sujet

Le câprier est un arbrisseau décoratif et résistant à la sécheresse ; ce que nous mangeons, ce sont ses boutons floraux non ouverts, cueillis quand ils ne sont pas plus gros qu’un petit pois et conservés au vinaigre ou au sel. Il en existe de nombreuses espèces dans le monde, mais l’une prospère autour de la Méditerranée, et la Provence l’a adoptée tôt — sans doute apportée par ces mêmes colons grecs venus d’Ionie. Des siècles durant, la câpre fut une vraie culture provençale, cultivée autour d’Aix, de Toulon et de Draguignan, et expédiée, salée, jusqu’en Hollande et en Angleterre. Cette abondance locale explique pourquoi la câpre, et non l’olive, a fini par nommer la tartinade emblématique de la région.

Ce qu’on y met, et comment on l’emploie

Une tapenade classique pile ensemble olives noires, câpres, anchois, un peu d’ail et une bonne huile d’olive, parfois avec un trait d’eau-de-vie et un jus de citron ; la version aux olives vertes est plus claire, moins sombre. C’est avant tout une tartinade d’apéritif, étalée sur des toasts près d’un verre, mais elle est bien plus polyvalente : farce de volaille ou de poisson, garniture de petits légumes, sauce mêlée à des pâtes. Faites-la vous-même et vous l’orientez à votre goût : plus de câpres pour la vivacité, plus d’anchois pour la profondeur, plus d’huile pour une pâte moelleuse à la cuillère.

  • La tapenade tient son nom de la câpre (tapeno), non de l’olive.
  • La câpre fait le relief — sans elle, ce n’est qu’une purée d’olives.
  • L’antique epityrum en est un ancêtre aux herbes, mais sans câpres, ce n’est pas une tapenade.
  • La Provence a cultivé ses propres câpres des siècles durant : d’où le nom du mets.
  • Employez-la au-delà du toast — en farce, garniture ou sauce à pâtes.

Origines de la tapenade : questions fréquentes

D’où vient le mot tapenade ?

De tapeno, le mot provençal pour câpre. Le mets porte le nom de la câpre, même si les olives en font l’essentiel.

La tapenade n’est-elle qu’une pâte d’olives ?

Non. Les olives font le gros, mais la câpre la définit — une simple purée d’olives sans câpres n’est pas, à la rigueur, une tapenade.

Quel âge a la tapenade ?

Les pâtes d’olives aux herbes comme l’epityrum romain ont plus de deux mille ans, mais la tapenade classique aux câpres est en général rattachée à un cuisinier marseillais vers 1880.

Que met-on dans une tapenade classique ?

Olives noires, câpres, anchois, ail et huile d’olive, parfois un peu d’eau-de-vie et de citron. Les versions aux olives vertes sont plus vives.

Avec quoi la mange-t-on ?

Traditionnellement sur un toast à l’apéritif, mais aussi en farce de volaille ou de poisson, en garniture de légumes, ou mêlée à des pâtes.

Le mot du métier

Voici ce que la plupart des gens ratent : la tapenade porte le nom de la câpre, pas de l’olive, et c’est là tout le secret. Ôtez les câpres et vous avez fait une purée d’olives, agréable mais plate. C’est cette morsure vive et florale qui transforme la pâte en la vraie chose — les Romains écrasaient des olives aux herbes bien avant que la Provence n’ajoute la câpre et ne donne son nom au mets. Faites la vôtre et goûtez-la avant et après l’ajout des câpres ; vous ne rachèterez plus jamais la version timide du supermarché.

D’après l’histoire culinaire provençale et l’étymologie de la tapenade (provençal tapeno, câpre) ; précédent antique dans l’epityrum de Caton.