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Maroc, Huile d’olive: Les industriels dépités

Le Maroc est un grand pays de l’huile d’olive, mais entre le verger et la bouteille s’intercale une longue chaîne d’intermédiaires et un marché sujet à de fortes variations. Le comprendre en dit long sur la façon dont l’huile se négocie vraiment.

1234Le pays de l’olive marocainDes contreforts de l’Atlas à l’intérieurKey olive regionZone oléicoleRécolte : nov.–janv.

1Meknès 2Fès 3Marrakech 4Beni Mellal
Les vergers se concentrent autour de Meknès, Fès, Marrakech et des contreforts de l’Atlas ; la Picholine marocaine domine.
Picholine marocaine
l’olive dominante
Intermédiaires
une longue chaîne
Volatils
les prix locaux
Vrac
beaucoup exporté
Meknès
un cœur

Le Maroc est l’un des grands producteurs d’huile d’olive, avec des centaines de milliers de tonnes de fruit par an, et ses vergers sont dominés par un seul cultivar. Pourtant ses industriels peinent souvent : une longue chaîne d’intermédiaires et une forte spéculation rendent les prix imprévisibles, si bien qu’une huilerie voit le coût du fruit et de l’huile varier violemment d’une saison à l’autre. Un aperçu révélateur du fonctionnement réel du négoce, sous les jolies étiquettes.

Une olive, presque partout

La grande majorité des vergers marocains sont plantés en Picholine marocaine, un cultivar rustique et mixte, à la fois olive de table et à huile. Il faut la nommer clairement, car beaucoup d’huile et de fruit vendus ailleurs sous le simple nom de « Picholine » sont en fait cette variété marocaine — l’étiquette dit le type et le style, pas toujours le pays. L’identité oléicole du Maroc repose vraiment sur cet arbre à tout faire.

Pourquoi le marché est si volatil

La plainte des producteurs est structurelle. Entre le cultivateur et l’acheteur industriel s’empilent des couches d’intermédiaires, et la spéculation sur un fruit rare peut faire flamber le prix de l’huile une année puis l’effondrer la suivante. Les prix de gros locaux peuvent être divisés par deux en quelques mois. Pour un industriel qui tente de planifier, d’acheter et d’exporter, cette imprévisibilité est aussi dommageable qu’une mauvaise récolte : on ne budgète pas contre une cible mouvante.

Ce que cela change à l’huile

Une grande part de l’huile marocaine est exportée en vrac, assemblée ou embouteillée ailleurs : le nom du pays figure sur bien moins de bouteilles que sa production ne le suggère — le lieu de mise en bouteille n’est pas celui de la culture. Achetée nommée et fraîche, l’huile marocaine peut être excellente et d’un bon rapport. La volatilité qui frustre ses producteurs explique en partie pourquoi tant de cette huile voyage discrètement sous les marques d’autres pays.

Pays Maroc — grand producteur
Cultivar dominant Picholine marocaine
Type Mixte — table et huile
Cœur Meknès, Fès, Marrakech, contreforts de l’Atlas
Récolte Environ novembre–janvier
Problème de marché Longue chaîne d’intermédiaires ; volatilité des prix
Forme d’export Beaucoup part en vrac pour assemblage à l’étranger
  • La Picholine marocaine domine les vergers du pays.
  • Une longue chaîne d’intermédiaires et la spéculation font varier fort les prix.
  • Beaucoup d’huile part en vrac et est embouteillée sous d’autres noms.
  • Achetez nommé et frais pour une huile marocaine d’un bon rapport.

L’huile d’olive marocaine : questions fréquentes

Le Maroc est-il un grand producteur ?

Oui — l’un des plus importants, avec des centaines de milliers de tonnes d’olives par an, ses vergers étant dominés par la Picholine marocaine.

Pourquoi les industriels marocains peinent-ils avec les prix ?

Une longue chaîne d’intermédiaires et la spéculation sur un fruit rare font varier fortement les prix : les transformateurs ne peuvent pas prévoir le coût du fruit ou de l’huile.

Qu’est-ce que la Picholine marocaine ?

Un cultivar rustique et mixte qui domine les vergers du Maroc, utilisé pour la table et pour l’huile. Beaucoup d’huile vendue simplement « Picholine » est en fait cette variété marocaine.

« Picholine » veut-il toujours dire français ?

Non. Le nom est un label de style et de variété, pas une garantie d’origine — une grande part de la « Picholine » est le cultivar marocain, cultivé au Maroc.

Où finit l’huile marocaine ?

Une grande part est exportée en vrac et assemblée ou embouteillée dans d’autres pays : elle parvient souvent à l’acheteur sous une étiquette d’ailleurs.

Le mot du métier

Le Maroc m’a appris combien de choses se jouent entre le paysan et l’étiquette. L’huile est réelle et souvent très bonne, mais le prix est des montagnes russes tenues par les intermédiaires, et l’essentiel s’expédie en vrac pour se parer ailleurs. La moitié de la « Picholine » qu’on croit française a commencé sur une colline marocaine — ce n’est pas un scandale, c’est juste la marche du négoce.

D’après la connaissance générale du secteur oléicole marocain et du cultivar Picholine marocaine.