olives101OLIVE NEWS & INFORMATION

Le 7ème Salon Méditerranéen « SMA-Med Food 2008 »

Sfax est l’une des grandes villes oléicoles du monde, et presque personne hors du métier n’en a entendu parler. Les salons agroalimentaires méditerranéens sont l’endroit où se traite vraiment le commerce de l’olive en vrac — pas en boutique, et pas en ligne.

Sfax
capitale oléicole tunisienne
~1,8 M ha
plantés en oliviers
Des dizaines de millions
d’arbres
Le vrac
l’habitude d’export
Printemps
la saison des salons
Photographie du début du XXe siècle montrant la plaine oléicole de Sfax, en Tunisie, ses oliviers très espacés s’étendant jusqu’à l’horizon.
La ceinture oléicole de Sfax, photographiée au début du XXe siècle. L'espacement n'a rien d'un abandon : c'est ainsi qu'une oliveraie pluviale se partage une nappe rare. Photo : « Oliveraie à Sfax (Tunisie), début du XXe siècle » par Tunisie. Direction générale de l'agriculture, du commerce et de la colonisation, via Wikimedia Commons, domaine public (Bibliothèque nationale de France).

Chaque printemps et chaque automne, un circuit de salons agroalimentaires s’ouvre autour de la Méditerranée : Sfax, Tunis, Madrid, Bari, Bologne, Istanbul, Casablanca. Pour le public, ce sont des foires : des stands, des brochures, des dégustations, un ruban ministériel. Pour la filière oléicole, c’est tout autre chose. C’est là qu’une coopérative tunisienne rencontre un embouteilleur italien, qu’un courtier espagnol trouve le tonnage pour couvrir un contrat, et qu’un importateur français décide quel fût d’olives de table finira dans un supermarché à quatre pays de distance. Pour comprendre comment circulent réellement les olives, oubliez le rayon et regardez le salon.

123456La ceinture oléicole tunisienneSfax et les plaines centrales concentrent le cœur oléicole du paysKey olive regionPays de l’olivierRécolte : octobre à février

1Sfax (négoce) 2Sidi Bouzid 3Kairouan 4Mahdia 5Tunis 6Zarzis (sud)
L’olivier occupe une part considérable des terres cultivées de Tunisie. Sfax est le pôle de négoce et de trituration ; les plaines de Sidi Bouzid et de Kairouan portent d’immenses vergers pluviaux très espacés.

Pourquoi la Tunisie est le pays que l’étiquette ne nomme jamais

La Tunisie est l’un des plus gros producteurs d’huile d’olive au monde et, régulièrement, le premier hors Union européenne. L’olivier n’y est pas une niche : il occupe une part énorme des terres cultivées, fait vivre des centaines de milliers de familles et domine les exportations agricoles. Les vergers ne ressemblent à rien de ce que l’on voit en Europe : des arbres très espacés, conduits en sec, souvent sans irrigation, plantés loin les uns des autres parce que c’est ce que la pluviométrie autorise.

Et pourtant, vous aurez du mal à lire « Tunisie » sur une bouteille. Historiquement, le pays a exporté l’essentiel de son huile en vrac — citernes et fûts achetés par des conditionneurs européens qui assemblent, embouteillent et vendent sous leur propre marque et leur propre récit national. L’huile est souvent excellente. La marge, la marque et la reconnaissance restent ailleurs. C’est le fait le plus important du commerce oléicole nord-africain, et c’est exactement le mécanisme décrit dans embouteillé en Italie.

Ce qui se passe vraiment sur un stand

Un salon, c’est une année de commerce comprimée. Les acheteurs arrivent avec une liste et un prix cible ; les vendeurs avec des échantillons, un bulletin d’analyse et, s’ils sont malins, l’historique des expéditions de la saison passée. On signe rarement sur le stand. Ce qui se noue, c’est la relation : un échantillon repart en flacon, un laboratoire confirme les chiffres, un conteneur d’essai suit, et si l’essai tient, un contrat de campagne arrive. Le salon est le filtre, pas la transaction.

Les trois gestes de l’acheteur sérieux sont toujours les mêmes. Déguster à l’aveugle, sans le drapeau, la photo de famille ni le mur de médailles. Lire le bulletin d’analyse — acidité libre, indice de peroxyde, absorbances dans l’ultraviolet — et vérifier sa date, car un bulletin de l’an dernier décrit une huile qui n’existe plus. Et demander franchement si l’échantillon a été prélevé sur le lot proposé ou sur un joli petit lot fabriqué pour le salon. Cette dernière question sépare les professionnels des touristes.

Type d’événement À qui il s’adresse vraiment Ce qu’on y trouve Ce à quoi veiller
Salon agroalimentaire régional Producteurs, conditionneurs, équipementiers, ministères Contacts en volume, matériel, pavillons nationaux La vitrine politique peut étouffer le commerce
Salon international Importateurs, distributeurs, acheteurs de marques de distributeur Tonnages sérieux, contrats de marque propre Un prix annoncé avant la récolte reste provisoire
Salon grand public Le public, les petites marques artisanales Vente directe, récit, culture de la dégustation Belles bouteilles, petits volumes, prix de détail
Concours d’huiles Producteurs en quête de médailles et de presse Jugement sensoriel indépendant, notoriété Une médaille décrit un lot et une année, pas une marque
Portes ouvertes au moulin Acheteurs locaux et voisins L’huile la plus fraîche que vous goûterez jamais Ni analyses, ni dossier de traçabilité

La politique discrète d’un salon méditerranéen

Ces événements ne sont jamais purement commerciaux. Un pavillon national, c’est une politique industrielle en miniature : un État qui veut passer de fournisseur de vrac à exportateur de marque installe ses coopératives sur un stand, paie les billets, imprime les cartes. Cela agit lentement, et cela agit — les marques tunisiennes, marocaines et turques sont bien plus visibles à l’export qu’il y a une génération, et des huiles nord-africaines d’origine unique remportent aujourd’hui des concours internationaux au mérite.

Mais le vrac résiste, parce qu’il est efficace. Un conditionneur italien ou espagnol doté d’une ligne d’embouteillage, d’un référencement en grande surface et d’un budget marketing absorbe une citerne en une semaine. Une coopérative tunisienne qui veut vendre le même volume en bouteilles a besoin de distributeurs, de linéaires et d’années. Les salons sont l’endroit où se fait ce travail long et peu glorieux, un acheteur à la fois.

Comment tirer parti d’un salon, de quelque côté que l’on soit

  • Déguster avant de parler. Faites les halls à l’aveugle la première heure, notez les numéros de stand, puis revenez négocier.
  • N’achetez jamais sur le seul échantillon : exigez l’échantillon, le numéro de lot et un bulletin d’analyse daté.
  • Interrogez le moulin, pas le verger. La trituration en quelques heures et des cuves propres comptent plus que la carte postale.
  • Ignorez le mur de médailles sauf si la médaille nomme le lot et l’année.
  • Regardez ce que démontrent les équipementiers. Le matériel exposé annonce ce que fera la région dans cinq ans.
  • Petit producteur : un salon est d’abord un poste d’écoute, ensuite un canal de vente. Prévoyez-en deux avant d’espérer une commande.

Salons oléicoles méditerranéens : questions fréquentes

Pourquoi la Tunisie exporte-t-elle autant d’huile en vrac ?

Parce que le vrac écoule vite une grosse récolte sans exiger de marque, de distribution ni de linéaire. Les conditionneurs européens achètent le volume, assemblent, embouteillent et vendent sous leur propre étiquette en conservant la marge de détail.

L’huile vendue en vrac est-elle de moindre qualité ?

Pas par nature. Beaucoup d’huile en vrac est une excellente vierge extra, et beaucoup de bouteilles réputées en contiennent. Le vrac décrit un mode de transport et de vente, pas un niveau de qualité.

Qu’est-ce qu’un bulletin d’analyse ?

Un rapport de laboratoire sur un lot précis donnant l’acidité libre, l’indice de peroxyde et les absorbances dans l’ultraviolet, souvent complété d’un résultat de jury sensoriel. C’est le document de base du métier.

Les salons sont-ils utiles aux petits producteurs ?

Oui, mais lentement. Le premier salon sert à observer, le deuxième à nouer des contacts, et les commandes viennent ensuite. Voyez-le comme du renseignement de marché.

Où se tiennent les principaux salons oléicoles méditerranéens ?

Le circuit comprend des événements en Tunisie, en Espagne, en Italie, en Turquie et au Maroc, en plus des grands salons alimentaires européens où l’huile d’olive occupe un hall agroalimentaire plus large.

Vu du métier

L’heure la plus utile d’un salon est la première, avant que les halls se remplissent et avant que quiconque vous ait raconté son histoire. Parcourez les allées, goûtez dans les petits gobelets, et notez les numéros de stand en face des huiles qui vous ont fait lever la tête — pas celles aux plus jolies bouteilles. Puis revenez poser la question qui gêne : cet échantillon vient-il du lot que vous me vendez ? La moitié des stands répond aussitôt, l’autre moitié se met à expliquer. Vous venez de faire votre présélection de fournisseurs en soixante minutes.

D’après les panoramas du secteur oléicole tunisien et les pratiques courantes des salons agroalimentaires méditerranéens.