L’Europe s’appuie sur la Tunisie

Quand le placard européen se vide, l’huile doit bien venir de quelque part — et en 2024, elle est venue de plus en plus de Tunisie, le producteur dont la plupart des acheteurs n’ont jamais entendu parler.
Ce qui s’est passé
À court de sa propre huile, l’UE a beaucoup importé en 2024 — plus de 24 000 tonnes pour le seul mois d’avril — et la Tunisie en fut le premier fournisseur, expédiant quelque 16 500 tonnes ce mois-là. Le poids lourd nord-africain est venu combler le vide laissé par l’Espagne et l’Italie frappées par la sécheresse.
Pourquoi c’est important
C’est un rappel saisissant que la Tunisie est l’un des grands producteurs mondiaux — et qu’une bonne partie de cette huile coule discrètement vers l’Europe pour y être assemblée et embouteillée, souvent sous pavillon européen. Une huile tunisienne honnête et traçable offre un excellent rapport qualité-prix ; le problème ne surgit que lorsqu’on cache son origine.
C’est précisément là que niche le risque de fraude. Avec d’énormes volumes d’huile étrangère non tracée affluant vers l’Italie et l’Espagne une année de pénurie, la tentation de la réétiqueter en « extra-vierge italienne » ou « espagnole » explose — une inquiétude que les régulateurs ont exprimée haut et fort en 2024. L’huile elle-même peut être bonne ; le mensonge, c’est l’origine. Achetez traçable, et lisez comment on coupe l’huile d’olive.
Source, avril 2024 : Conseil oléicole international, données du marché mondial.