
La petite olive catalane derrière une énorme part de l’huile d’olive du quotidien.
Minuscule, ronde et brun-vert, l’Arbequina n’a rien de spectaculaire à table — sa gloire est liquide. Originaire de Catalogne, elle se presse en une huile douce, fruitée, presque beurrée, à l’amertume légère, et on l’a plantée dans le monde entier car elle produit jeune et abondamment. Si vous possédez une bouteille d’huile vierge extra douce de supermarché, il y a de bonnes chances qu’elle soit surtout de l’Arbequina.
L’Arbequina a changé l’économie de l’huile d’olive. Parce qu’elle prospère en vergers denses mécanisés et fructifie vite, elle s’est répandue d’Espagne au Chili, à l’Argentine, à la Californie et à l’Australie. Son huile est avenante — peu amère, arôme de fruit mûr, finale courte — ce qui en fait une huile passe-partout aimable, et une piètre huile pour qui veut un grand coup de poivre.
La douceur de l’Arbequina est à double tranchant. Comme l’huile est naturellement souple et pauvre en polyphénols amers et poivrés, une Arbequina fatiguée ou mal conservée peut goûter le néant — et une fausse raffinée s’y cache le plus facilement. Doux, soit ; plat et gras, non. Même une huile douce doit sentir le fruit frais et laisser un léger picotement au fond de la gorge.