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L’huile parfumée des palais mycéniens

Bien avant les flacons de verre et les marques, les palais grecs de l’âge du bronze faisaient tourner une véritable industrie du parfum. Des tablettes d’argile en écriture linéaire B, cuites dur lors de l’incendie des palais, consignent l’huile d’olive bouillie avec coriandre, sauge et miel en huile parfumée — un luxe de palais et une exportation prisée.

Pylos et Knossos
les archives des palais
Linéaire B
l’écriture qui le consigne
Huile d’olive
la base de chaque senteur
Coriandre, sauge
aromates typiques
a-re-pa-zo-o
les « bouilleurs d’onguent »

Quand les palais mycéniens de Pylos, dans le Péloponnèse, et de Knossos, en Crète, furent détruits par le feu vers le XIIe siècle av. J.-C., les flammes rendirent à l’histoire de l’olive un étrange service. Elles cuisirent les tablettes comptables d’argile jusqu’à les durcir, les préservant. Écrites en linéaire B — une forme archaïque du grec —, ces tablettes consignent, entre les impôts et les troupes, une industrie florissante qui changeait la simple huile d’olive en parfum.

123Où furent trouvées les tablettesLes archives des palais de Pylos et de KnossosKey olive regionSite de palaisArchives : v. XIIIe s. av. J.-C.

1Pylos (Messénie) 2Knossos (Crète) 3Mycènes
Les deux palais tenaient des comptes détaillés en linéaire B de l’huile remise aux parfumeurs et de l’huile parfumée finie.

Une raffinerie d’huile dans le palais

Ce n’était pas un passe-temps. Les tablettes nomment des ouvriers spécialisés — les a-re-pa-zo-o, les bouilleurs d’onguent — et consignent les quantités précises d’huile d’olive qui leur étaient remises, avec les aromates qu’on leur donnait : coriandre, sauge, la laîche appelée cypéron, et le miel et le vin comme fixateurs pour retenir la senteur. L’huile d’olive était la base neutre et stable qui portait le parfum. C’était, de fait, une raffinerie d’État produisant un bien de luxe sous une comptabilité rigoureuse.

La senteur comme richesse et diplomatie

Pourquoi un palais s’en donnait-il la peine ? Parce que l’huile parfumée était une richesse transportable. Une grande part du produit fini partait dans de fines jarres à étrier et suivait les routes commerciales vers Chypre, l’Égypte et le Levant, où l’huile parfumée mycénienne était une exportation de prestige reconnue. Une jarre de senteur était un présent digne d’un roi et une monnaie de diplomatie. Le palais qui contrôlait l’huile et les parfumeurs contrôlait une véritable source de pouvoir.

La racine profonde d’une habitude moderne

Il y a une ligne droite de ces tablettes à chaque huile infusée ou aromatisée d’une étagère d’aujourd’hui. Les Mycéniens avaient déjà saisi l’astuce essentielle : l’huile d’olive est un support presque parfait — riche, stable, prête à prendre et à retenir un autre arôme sans le couvrir. Que l’ajout soit la coriandre de l’âge du bronze ou une infusion moderne de citron, le principe a trois mille cinq cents ans, et il fut d’abord couché par écrit en grec.

Archives des palais de Pylos et Knossos
Quand Bronze récent, v. XIIIe s. av. J.-C.
Écriture Linéaire B (grec archaïque)
Base Huile d’olive
Aromates Coriandre, sauge, cypéron, rose
Fixateurs Miel, vin, laine
Faite par a-re-pa-zo-o (bouilleurs d’onguent)

À retenir

  • Les palais de l’âge du bronze faisaient tourner un atelier de parfum industriel à base d’huile d’olive.
  • Les tablettes en linéaire B consignent l’huile remise à des « bouilleurs d’onguent » spécialisés.
  • Les aromates comprenaient coriandre, sauge et cypéron, fixés au miel et au vin.
  • L’huile parfumée finie était une exportation de prestige à travers la Méditerranée orientale.

L’huile parfumée mycénienne : questions fréquentes

Comment connaît-on le parfum mycénien ?

Par les tablettes d’argile en linéaire B de Pylos et Knossos, cuites dur par hasard lors de l’incendie des palais, qui consignent l’huile et les aromates remis aux parfumeurs.

Quelle était la base de la senteur ?

L’huile d’olive — un support riche, stable et neutre, qui prend et retient bien les arômes ajoutés.

Quels aromates utilisaient-ils ?

Coriandre, sauge, la laîche cypéron et la rose entre autres, avec le miel et le vin comme fixateurs.

Qui la fabriquait ?

Des ouvriers de palais spécialisés que les tablettes appellent a-re-pa-zo-o, les « bouilleurs d’onguent », sous une comptabilité d’État rigoureuse.

Était-elle commercée ?

Oui. L’huile parfumée mycénienne était une exportation de luxe reconnue, expédiée en fines jarres vers Chypre, l’Égypte et le Levant.

Le mot du métier

Chaque fois que je vois une étagère d’huiles infusées chic, je pense aux tablettes de Pylos. Nous n’avons pas inventé l’huile d’olive aromatisée ; nous l’avons redécouverte. Il y a trois mille cinq cents ans, un scribe de palais notait déjà exactement combien d’huile et de coriandre remettre aux parfumeurs. La leçon vaut encore : une bonne huile d’olive est le plus fin des supports d’arôme, ce qui explique justement qu’une huile bon marché et fatiguée fasse une piètre infusion. Partez d’une huile qui vaut la peine d’être sentie, et vous suivez une recette plus vieille que l’alphabet grec.

D’après les études publiées sur les tablettes en linéaire B de Pylos et Knossos et la production d’huile parfumée mycénienne.