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La loi qui protégeait les oliviers sacrés d’Athènes

Athènes prenait ses oliviers assez au sérieux pour tuer à cause d’eux. Depuis le législateur Solon, les oliviers sacrés de la cité étaient protégés par une loi stricte, et en blesser un se jugeait devant le plus haut tribunal, sous peine d’exil ou de mort. Derrière la sévérité, une vérité simple : l’huile d’olive était la richesse d’Athènes, et les arbres appartenaient à la déesse.

Solon
le législateur du VIe s. av. J.-C.
Moriai
les oliviers sacrés
Mort ou exil
pour en déraciner un
Aréopage
le tribunal qui jugeait
Huile seule
seule exportation légale

Épars à travers l’Attique antique se dressaient les moriai, oliviers sacrés réputés descendre de l’arbre même qu’Athéna aurait planté sur l’Acropole en gagnant la cité. Ce n’étaient pas des arbres ordinaires, même lorsqu’ils poussaient sur des terres privées. Dès le début du VIe siècle av. J.-C., le législateur Solon les plaça sous protection spéciale, fixant comment planter les oliviers et, surtout, avec quelle férocité garder les sacrés.

Un crime capital contre un arbre

Les peines étaient extraordinaires. Abattre ou déraciner un olivier sacré était une faute grave, jugée non dans un tribunal mineur mais devant l’Aréopage, la plus auguste cour d’Athènes, et punie d’exil, de confiscation des biens, voire de mort. Un citoyen pouvait perdre la vie pour avoir tué un arbre. Rien ne dit plus clairement le rang qu’une cité grecque accordait à ses oliviers : à hauteur des crimes les plus graves contre les personnes et l’État.

Pourquoi une cité allait si loin

La sévérité n’était pas simple piété. L’huile d’olive était la grande exportation d’Athènes et un pilier de sa richesse — au point que les lois de Solon auraient interdit l’exportation des autres produits agricoles tout en permettant celle de l’huile, concentrant le commerce de la cité sur la seule chose qu’elle faisait le mieux. Les arbres sacrés étaient à la fois symboles religieux et capital économique. En attaquer un, c’était frapper la déesse et le trésor d’un même coup. Garder l’olivier, c’était garder Athènes même, un lien exploré à travers l’histoire de l’olive grecque.

La plus ancienne idée de la conservation des oliviers

Il y a là quelque chose de frappant de modernité. Nous croyons que protéger les arbres anciens — bosquets patrimoniaux, oliviers monumentaux, troncs multiséculaires — est un souci contemporain. Athènes le faisait il y a vingt-six siècles, avec toute la force du droit pénal. L’instinct qu’un olivier vénérable mérite d’être défendu, qu’en abattre un est une sorte de profanation, n’est pas un sentiment neuf ; c’est l’une des plus vieilles lois que nous connaissions. Chaque campagne d’aujourd’hui pour sauver un vieux bosquet a un lointain ancêtre dans le statut de Solon. La révérence court jusqu’aux plus vieux oliviers que nous chérissons encore.

Cité Athènes antique
Législateur Solon, début du VIe siècle av. J.-C.
Protégés Les moriai, oliviers sacrés
Tribunal L’Aréopage
Peine Exil, confiscation ou mort
Raison La religion et l’économie de l’huile d’Athènes

À retenir

  • Solon plaça les oliviers sacrés d’Athènes, les moriai, sous une loi stricte.
  • En déraciner un pouvait valoir l’exil ou la mort, jugé devant l’Aréopage.
  • Les arbres étaient à la fois symboles religieux et capital économique de la cité.
  • C’est l’une des plus anciennes lois de protection des arbres connues — frappante de modernité.

La loi olivière d’Athènes : questions fréquentes

Qu’étaient les moriai ?

Les oliviers sacrés de l’Attique, réputés descendre de l’arbre qu’Athéna planta sur l’Acropole, protégés par une loi spéciale.

Quelle peine pour en avoir blessé un ?

Abattre ou déraciner un olivier sacré pouvait valoir l’exil, la confiscation des biens, voire la mort, jugé devant l’Aréopage.

Qui fit la loi ?

Le législateur athénien Solon, au début du VIe siècle av. J.-C., qui plaça les oliviers sacrés sous protection spéciale.

Pourquoi les oliviers comptaient-ils tant pour Athènes ?

L’huile d’olive était la principale exportation agricole de la cité et un pilier de sa richesse, en plus d’être un symbole sacré d’Athéna.

Pourquoi est-ce important aujourd’hui ?

C’est l’une des plus anciennes lois connues protégeant les arbres — un lointain ancêtre des efforts modernes pour sauver les oliveraies anciennes et patrimoniales.

Le mot du métier

Chaque fois que j’entends parler d’un combat pour sauver quelque oliveraie centenaire d’une route ou d’un promoteur, je pense à Solon. Athènes protégeait ses vieux oliviers sacrés par la peine de mort il y a deux mille six cents ans. Cela dit quelque chose de profond : le sentiment qu’un olivier vénérable n’est pas un simple bois, qu’en abattre un tient plus du sacrilège que du défrichage, est à peu près aussi ancien que la loi écrite elle-même. Nous n’avons pas inventé la conservation de l’olivier. Les Grecs l’ont mise dans les codes, et l’ont adossée au bourreau. Les arbres étaient à la fois la richesse de la cité et sa déesse — et ils le savaient.

D’après les récits antiques des lois de Solon et de la protection des moriai sacrés de l’Attique, dont Plutarque et les orateurs athéniens.