L’olivier chez Shakespeare et dans les Écritures
L’olivier n’est pas seulement une plante agricole ; c’est une plante littéraire. Depuis trois mille ans, les écrivains y voient un symbole de paix, d’endurance et de réconciliation. Suivez l’image de l’Écriture hébraïque jusqu’à Shakespeare et vous retrouvez le même arbre portant les mêmes espoirs humains, encore et encore.

Bien avant d’être une figure de style, l’olivier était un fait du quotidien — nourriture, huile de lampe, remède, huile d’onction. C’est précisément cette utilité qui en a fait un symbole si durable : l’écrivain qui tendait le rameau d’olivier tendait une chose que chaque lecteur connaissait et prisait déjà. Suivez l’image sur trois mille ans et elle bouge à peine. De la colombe revenant à l’arche à l’onction des rois hébreux, jusqu’à Shakespeare proclamant la paix, l’olivier porte toujours le même faisceau d’espoirs : paix, abondance, endurance et faveur divine.
Le rameau de la paix
L’image la plus ancienne et la plus tenace est le rameau d’olivier rapporté par la colombe dans le récit du déluge, en Genèse — signe que les eaux s’étaient retirées et que la vie, et la paix avec le divin, pouvaient reprendre. De là, le rameau d’olivier est devenu l’emblème quasi universel de la paix et de la bienveillance en Occident, un sens si bien fixé que l’on « tend un rameau d’olivier » sans plus songer à l’arbre. Sous le symbole, une logique concrète : l’olivier demande des années de paix pour s’établir et porter, et les armées en maraude abattaient les vergers ennemis ; un olivier prospère était donc en lui-même un signe que la paix avait tenu.
L’huile, les rois et la maison bénie
L’Écriture revient sans cesse à l’olivier, et pas seulement comme rameau. Son huile éclairait les lampes et oignait rois et prêtres — être « oint », c’était recevoir l’huile versée en marque d’un office élu. L’olivier figure la maison prospère et bénie, ses enfants « comme des plants d’olivier autour de la table ». L’utilité toute simple de l’arbre et sa très longue vie en faisaient un emblème naturel de constance et de bénédiction, si bien que la plante qui nourrissait et éclairait le monde antique a aussi fourni à ses textes sacrés une image après l’autre.
L’olivier de Shakespeare
Shakespeare a hérité de cette symbolique et l’a maniée sciemment. Dans le Sonnet 107, il écrit que « la paix proclame des oliviers d’un âge sans fin » — le rameau d’olivier comme emblème même d’une paix durable, vers souvent lu à la lumière de la paix avec l’Espagne du début des années 1600. Ailleurs, ses personnages proclament la paix « avec un rameau d’olivier » quand les guerres s’achèvent. Il pouvait s’appuyer sur l’image justement parce que son public en portait déjà le poids scripturaire ; un seul rameau pouvait signaler la fin d’un conflit sans un mot d’explication. Voilà le pouvoir tranquille de l’olivier dans l’écriture.
| Image la plus ancienne | La colombe revient avec une feuille d’olivier (déluge, Genèse) |
|---|---|
| Sens central | Paix, réconciliation, faveur divine |
| Racine concrète | L’olivier ne porte qu’après des années de paix ; les pillards coupaient les vergers |
| Onction | Huile versée sur rois et prêtres en marque d’office |
| Maison | Famille bénie figurée en « plants d’olivier » autour de la table |
| Shakespeare | Sonnet 107 : « la paix proclame des oliviers d’un âge sans fin » |
L’olivier dans l’écriture, au fil du temps
| Source | Emploi de l’olivier |
|---|---|
| Genèse (déluge) | La feuille d’olivier de la colombe signale la fin du déluge |
| Écriture hébraïque | Huile des lampes et de l’onction ; l’olivier comme maison bénie |
| Grèce classique | Le don d’Athéna et la couronne d’olivier du vainqueur |
| Nouveau Testament | Gethsémani — une oliveraie dont le nom signifie « pressoir » |
| Shakespeare | Sonnet 107 et pièces : le rameau d’olivier proclame la paix |
| Anglais moderne | « Tendre un rameau d’olivier » — la paix, l’arbre oublié |
Ce que dit l’olivier littéraire
- Le symbole est né d’une utilité réelle — une vie nourrie, éclairée, ointe — non d’un ornement.
- Son sens est remarquablement stable : paix et abondance sur trois mille ans.
- Shakespeare pouvait faire d’un seul rameau un raccourci parce que l’Écriture avait fait le travail d’abord.
- Nous « tendons un rameau d’olivier » encore aujourd’hui, l’arbre oublié dans la formule.
L’olivier chez Shakespeare et dans l’Écriture : questions fréquentes
D’où vient le rameau d’olivier comme symbole de paix ?
Du récit du déluge, en Genèse, où la colombe revient à l’arche avec une feuille d’olivier, signe que les eaux s’étaient retirées et que la paix pouvait revenir.
Comment l’huile d’olive est-elle employée dans la Bible ?
Comme combustible des lampes et, surtout, comme huile d’onction versée sur les rois et les prêtres ; l’olivier figure aussi la maison prospère et bénie.
Shakespeare a-t-il écrit sur l’olivier ?
Oui. Dans le Sonnet 107, il écrit que « la paix proclame des oliviers d’un âge sans fin », faisant du rameau l’emblème d’une paix durable.
Pourquoi « tendre un rameau d’olivier » signifie-t-il faire la paix ?
Parce que le rameau d’olivier signifie paix et réconciliation depuis l’Antiquité, de la colombe de la Genèse en avant ; la formule survit même si l’on songe rarement à l’arbre.
Quel est le lien avec Gethsémani ?
Gethsémani était une oliveraie ; son nom signifie « pressoir à huile », reliant le décor de la Passion directement à l’olivier de travail.
Il vaut la peine de se rappeler, en versant un peu d’huile, que l’on manie une chose que le monde antique tenait pour presque sacrée — combustible des lampes du temple, huile d’onction des rois, rameau de la paix lui-même. Rien de cela ne rend une bouteille moderne sainte, mais cela explique pourquoi l’imagerie de l’olivier court si profond dans notre langue que l’on « tend un rameau d’olivier » sans songer à l’arbre. L’olivier a gagné sa symbolique à la dure : en étant vraiment indispensable, siècle après siècle, bien avant qu’un poète ne le trouve utile.
D’après les textes scripturaires (Genèse, passages sur l’onction) et le Sonnet 107 et les pièces de Shakespeare tels qu’on les cite couramment.