L’Argentine : portrait d’un pays olivier

L’Argentine est le géant discret de l’olive sud-américaine : premier producteur du continent, avec des racines remontant aux colons espagnols et une filière refondue pour l’export moderne. Des hauts déserts de La Rioja au pays viticole de Mendoza, voici comment ce pays gagne sa place sur la carte.
Racines et renouveau
L’olivier est arrivé en Argentine avec les colons espagnols il y a des siècles, et quelques arbres très anciens subsistent en témoins de cette histoire. Longtemps, la filière a vécu modestement, au service de la table locale. Le grand tournant date des dernières décennies : investissements et conditions favorables ont lancé une vague de nouvelles plantations dans les provinces de l’ouest, largement tournées vers l’export. Aujourd’hui, l’Argentine domine l’Amérique du Sud en huile comme en olives de table, avec l’Arauco local en carte de visite, aux côtés de l’Arbequina, du Frantoio, de la Picual et de la Manzanilla importés.
Le caractère argentin
Les atouts du pays sont le soleil, l’espace et la sécheresse. L’ouest aride — La Rioja, Catamarca, San Juan, Mendoza — donne un fruit propre et sain, peu malade, arrosé par l’eau de fonte andine. D’où deux productions distinctes : les olives de table Arauco, charnues, souvent vendues en vrac, et des huiles d’export rondes et fruitées issues des variétés internationales. La récolte d’automne austral, de mars à mai, place l’huile argentine fraîche dans le Nord en milieu d’année — un vrai avantage de fraîcheur. Ce n’est pas l’héritage espagnol ou italien, mais pour un produit honnête et au prix juste, l’Argentine répond présent.
L’Argentine offre deux choses bonnes à savoir : l’Arauco, grosse olive de table locale sans jumelle européenne, et une huile fiable de l’hémisphère sud, la plus fraîche en milieu d’année. Pour l’huile, fiez-vous à la date de récolte plutôt qu’au romantisme de l’étiquette ; pour les olives de table, cherchez l’Arauco par son nom et gardez-les au frais.
D’après l’histoire de la filière argentine et les données du Conseil oléicole international.