Tiré des archives : un composé du grignon d’olive contre des cellules cancéreuses (2008)

En 2008, des chercheurs espagnols ont constaté qu’un composé issu du grignon d’olive tuait des cellules de cancer du côlon en laboratoire. Un résultat fascinant — et exactement le genre de découverte qui est dangereusement sur-traduite en gros titre.
Ce qui avait été rapporté
Des chercheurs des universités de Grenade et de Barcelone ont montré que l’acide maslinique — un composé naturel du grignon (la peau d’olive qui reste après pressage) — inhibait la croissance de cellules humaines de cancer du côlon et déclenchait chez elles une mort programmée (apoptose).
Ce que j’en pense aujourd’hui — prudemment
Soyons très clairs, car c’est le genre d’histoire qui fait du tort quand on la raconte mal : il s’agissait d’une expérience sur des cellules cancéreuses en boîte de Petri, pas chez des humains. « Un composé de l’olive tue des cellules cancéreuses in vitro » est une piste de recherche réelle et utile — mais ce n’est pas « l’olive guérit le cancer », et ça ne l’a jamais été. Quantité de substances tuent des cellules cancéreuses en boîte et ne font rien d’utile (ou pire) dans un corps humain. L’huile d’olive est un aliment réellement sain et fait partie d’un mode alimentaire associé à un moindre risque de maladie ; ce n’est pas un traitement anticancéreux, et quiconque la vend comme tel ment. L’intérêt honnête ici, c’est que l’humble grignon — le déchet du moulin — se révèle renfermer des composés dignes d’être étudiés. C’est suffisant ; pas besoin d’un titre miracle.
Initialement rapporté en décembre 2008, à propos de recherches de l’université de Grenade et de l’université de Barcelone. L’article d’origine n’est plus en ligne.