Renoir parmi les oliviers des Collettes
En 1907, un Pierre-Auguste Renoir âgé et arthritique acheta un domaine à flanc de colline au-dessus de Cagnes-sur-Mer, sur la Côte d’Azur, pour une raison majeure : arracher à l’abattage son bosquet d’oliviers centenaires. Il bâtit une maison parmi eux et les peignit, encore et encore, jusqu’à sa mort. Le bosquet est toujours là, et c’est aujourd’hui son musée.
En 1907, Renoir a la soixantaine, perclus de polyarthrite, peignant le pinceau à demi sanglé à sa main raidie. Cette année-là, sa femme et lui achètent Les Collettes, une ferme sur une colline au-dessus de la vieille ville de Cagnes-sur-Mer, près de Nice. La légende veut que le déclencheur ait été l’oliveraie elle-même : les arbres anciens du terrain étaient menacés d’abattage, et Renoir acheta le domaine tout entier en bonne part pour les sauver. Il sauvait un bosquet autant qu’il achetait une demeure.
Les arbres qui séduisirent un peintre
Renoir était fou de ces oliviers. Il aimait la façon dont la lumière perçait le feuillage argenté et tombait, tavelée, sur le sol, dont les vieux troncs noueux se tordaient contre le ciel. Dans les dernières années du domaine, son travail revint sans cesse au bosquet, ses arbres miroitant sous le soleil du Midi. Pour un peintre obsédé par la lumière sur la peau et la feuille, une oliveraie ancienne était presque le sujet parfait — infiniment variée, jamais immobile, rayonnante à toute heure.
Une maison bâtie pour épargner les racines
Le soin alla plus loin que le pinceau. Quand les Renoir bâtirent leur maison néo-provençale sur le terrain en 1908, le plan contourna les vieux arbres au lieu de les abattre — le bosquet passait avant. C’est un geste petit et éloquent : un grand peintre disposant sa propre demeure pour ne pas déranger un rang d’oliviers dressés là depuis des siècles avant lui et qui, il l’espérait clairement, se dresseraient des siècles après. Il traitait les arbres comme les vrais propriétaires du sol. Cela fait écho à la révérence explorée dans l’histoire des olives françaises.
Le bosquet survit à l’homme
Renoir mourut aux Collettes en 1919. En 1960, la ville de Cagnes acheta le domaine et en fit le musée Renoir, gardant l’atelier tel qu’il l’employait et, surtout, préservant l’oliveraie ancienne qui l’y avait attiré. Les arbres qu’il acheta toute une propriété pour sauver sont toujours vivants, captant toujours la même lumière azuréenne, toujours plus vieux que les tableaux qu’ils inspirèrent. Peu d’artistes ont laissé monument si vivant — non une toile, mais un bosquet.
| Peintre | Pierre-Auguste Renoir (1841–1919) |
|---|---|
| Domaine | Les Collettes, Cagnes-sur-Mer |
| Acheté | 1907 |
| Raison | Sauver son oliveraie ancienne |
| Maison bâtie | 1908, autour des arbres |
| Aujourd’hui | Musée Renoir, bosquet préservé |
À retenir
- Renoir acheta Les Collettes en 1907 en bonne part pour sauver son oliveraie ancienne.
- Il peignit les arbres à maintes reprises dans ses dernières années, épris de leur lumière tavelée.
- Sa maison fut bâtie autour des vieux oliviers, non en les abattant.
- Le domaine est aujourd’hui le musée Renoir, et le bosquet subsiste.
L’oliveraie de Renoir : questions fréquentes
Pourquoi Renoir acheta-t-il Les Collettes ?
En bonne part pour sauver son bosquet d’oliviers centenaires, menacés d’abattage.
Quand l’acheta-t-il ?
En 1907, alors qu’il avait la soixantaine et souffrait gravement d’arthrite.
A-t-il peint les oliviers ?
Oui, à maintes reprises dans ses dernières années — il était captivé par la lumière tombant à travers le feuillage argenté.
Qu’y a-t-il aux Collettes aujourd’hui ?
Le musée Renoir, qui préserve son atelier et l’oliveraie ancienne qui l’attira d’abord sur ces terres.
Où est-ce ?
Au-dessus de la vieille ville de Cagnes-sur-Mer, sur la Côte d’Azur, près de Nice.
Des peintres ont aimé les oliviers avant et après lui, mais Renoir fit plus rare : il acheta un domaine entier surtout pour empêcher qu’on abatte ses vieux oliviers, puis bâtit sa maison pour ne pas les déranger. Ce n’est pas un caprice de collectionneur ; c’est quelqu’un qui comprenait ce que vaut un bosquet centenaire. Les arbres lui survécurent et devinrent son monument. Quand on me demande pourquoi on s’attendrit sur un olivier, je montre Les Collettes — un grand artiste qui décida que le bosquet comptait plus que la commodité d’un terrain à bâtir dégagé.
D’après les descriptions du musée Renoir des Collettes et l’histoire de l’achat du domaine par Renoir en 1907.