Gros plan : l’olive Arbosana

L’Arbosana a débuté comme variété catalane mineure et s’est retrouvée plantée en haies palissées de l’Espagne à l’Australie et à la Californie. Elle le doit à un trait : elle convient à la culture super-intensive. L’huile est vraiment bonne — mais l’histoire de l’Arbosana est surtout celle de l’industrialisation de l’huile d’olive.
L’olive des haies
L’Arbosana est un cépage catalan à petit fruit, cultivé traditionnellement autour de Tarragone. Sa gloire moderne vient de son port compact, peu vigoureux, et de sa mise à fruit précoce, idéaux pour les vergers super-intensifs (SHD) — ces haies palissées récoltées par enjambeur, comme une vigne. Aux côtés de l’Arbequina, l’Arbosana est devenue l’un des deux piliers de ce système, plantée à des milliers d’arbres à l’hectare. Voilà pourquoi une petite olive espagnole pousse aujourd’hui en Californie, au Portugal, au Chili et en Australie.
Une huile meilleure que nécessaire
L’avantage de l’Arbosana, c’est que son huile vaut d’être bue. Plus aromatique et un peu plus robuste que la très douce Arbequina à laquelle on l’associe souvent : fruité moyen, notes d’amande verte, de banane et d’herbes fraîches, amértume légère et poivre tendre. Les Arbosana mono-variétales ont un équilibre agréable qui dément leurs origines industrielles. Le bémol est commun à toutes les huiles SHD : produites à grande échelle, elles tournent vite, donc fraîcheur et date de récolte priment.
L’Arbosana est une belle polyvalente : assez douce pour une vinaigrette ou une mayonnaise, assez aromatique pour finir un plat. Si vous achetez d’ordinaire de l’Arbequina et la trouvez un peu plate, essayez une Arbosana : vous gardez la douceur accessible mais gagnez en caractère d’amande verte. Comme toute huile à haute densité, achetez récent et ne stockez pas.
D’après le catalogue des variétés du Conseil oléicole international et la littérature agronomique SHD.