31 Jul

[Maroc] Huile d’olive : un potentiel inexploité

Par Said El Hadini,

Sur le marché national, le prix de l’huile d’olive continue de s’afficher aux alentours de 50 dirhams le litre. Un niveau jamais atteint auparavant. La forte demande extérieure couplée à une offre mondiale en repli, consécutivement à la baisse de la production espagnole (premier pays producteur dans le monde) semble expliquer cette envolée vertigineuse du prix de l’huile d’olive.

Sur le marché national, le prix de l’huile d’olive continue de s’afficher aux alentours de 50 dirhams le litre. Un niveau jamais atteint auparavant. La forte demande extérieure couplée à une offre mondiale en repli, consécutivement à la baisse de la production espagnole (premier pays producteur dans le monde) semble expliquer cette envolée vertigineuse du prix de l’huile d’olive.

En 2005, la production mondiale d’huile d’olive s’établit aux alentours de 2,6 millions de tonnes, comparée à moins de 2 millions tonnes dix années auparavant, tandis que la consommation s’est élevée à près de 2,8 millions t, soit une hausse de 50 % sur les dix dernières années. La communauté européenne demeure le principal fournisseur et l’Espagne revendique, à elle seule, une part de marché de 46%.

Paradoxe. Le Maroc qui dispose de la cinquième superficie oléicole dans le basin méditerranéen, ne se situe qu’en 9ème position en terme de production, comparativement aux autres pays de la région. Représentant plus de la moitié de la superficie arboricole nationale, l’olivier est cependant la principale culture fruitière du pays. Les capacités actuellement en exploitation évaluées à 590 milles hectares demeurent bien loin du potentiel oléicole réel national.

« Il est certain que le potentiel du Maroc en matière oléicole n’est pas entièrement exploité. Toutefois, face à l’inertie tant des pouvoirs publics que des opérateurs, cette filière risque de rester à l’écart du développement économique et social que connaît actuellement le pays », souligne une note sectorielle réalisée par BMCE Capital et intitulée « huile d’olive : quel potentiel pour le Maroc ».

Au titre de la campagne agricole 2004-2005, le Maroc a produit 500 milles tonnes d’olives et 50 000 tonnes d’huiles d’olives. Des volumes marquant un recul de 50% par rapport à ceux de 2004, où ils se sont situés respectivement à 1 million et à 100 000 t.

Cette filière, bien que génératrice de revenus pour l’économie marocaine, présente toujours des défaillances qui limitent sa contribution. Les aléas climatiques, couplés à des pertes de productivité en raison de l’application de techniques d’exploitation rudimentaires, font que l’industrie de l’huile d’olive au Maroc est bien moins développée que celle des pays voisins du pourtour méditerranéen.

Les exportations marocaines d’huile d’olive évoluent au gré de la production locale mais aussi en fonction des conditions du marché international. Toutefois, l’huile d’olive marocaine est l’une des moins chères au monde. En effet, en 2004, le tarif moyen de vente de l’huile d’olive locale s’établit à 2387 dollars us la tonne, contre 2690 dollars us la tonne pour l’huile d’olive tunisienne et 3093 dollars /t pour l’espagnole. L’huile d’olive de provenance italienne étant la plus réputée, son prix moyen de vente s’élève à 3805 dollars us la tonne.

« A l’international, le Maroc devrait définir une stratégie de pénétration progressive en veillant particulièrement à différencier son offre d’huile d’olive et ce en capitalisant sur les valeurs de produits naturellement biologique et de longue conservation », souligne la note de BMCE Capital.

Le marché américain, premier pays importateur d’huile d’olive dans le monde avec 200 000 t par an, offre un débouché inestimable pour les exportations marocaines. « C’est à ce titre que les investisseurs espagnols ont été fortement intéressés par la mise en concession des terrains agricoles de l’ex- SODEA, afin de profiter de l’opportunité de produire une huile d’olive de bonne qualité et à moindre coût, tout en bénéficiant d’un débouché de premier ordre », conclut la note de BMCE Capital.
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