19 Jul

[Maroc] L’olive se met au bio: Naissance d’un label Maroc

Par A. R. & K. E. H. ,

  • 120 ha dédiés à cette culture
  • Labelisés, «Les Terroirs du Saïss» lorgnent le marché US et les pays nordiques

«Je rêve que tout le Saïss soit planté d’oliviers». Chapeau mexicain, chemisier rose brodé et pantalon noir, Mounia Benkirane exprime ainsi toute sa passion pour l’oléiculture.
La quarantaine, cette agricultrice éprouve du plaisir à faire visiter son domaine, à 18 kilomètres de Fès vers Meknès. Ni la canicule de ce début d’après-midi de juillet, ni les innombrables activités sur son exploitation de 300 hectares ne semblent émousser son enthousiasme. «C’est le fruit de deux ans de travail dans la culture bio», lance-t-elle non sans fierté avec un geste vers son olivier. Une vaste étendue d’arbustes au fruit de petit calibre se déploie à perte de vue. Picholine marocaine, Arbequine, Piqual, Languedoc, Koroneiki, Frontoyo… sont autant de variétés cultivées.


Au total, ce sont 65 hectares de culture oléicole bio que Mounia Benkirane réserve à cette expérience-pilote dans le Saïss. Lancée à peine en 2005, cette bioculture est le début d’un programme ambitieux dans lequel s’embarque la productrice depuis deux ans.
L’idée a germé dans son esprit depuis quelques années. Au gré de ses voyages à l’étranger et à des visites de foires et salons, elle a mesuré l’engouement pour le bio. Mais pas seulement. Cette biologiste de formation, qui a à son actif 15 ans d’expérience dans l’aviculture, a dû se rendre à l’évidence et abandonner l’élevage: «Depuis 5 ans, cela ne marchait plus. Les aviculteurs ne faisaient que survivre». C’était donc normal pour elle de revenir vers l’agriculture. Mais auparavant, elle s’est lancée dans l’élevage de bovins. «J’avais 150 têtes de Holstein et de Monbéliard». A un moment, il fallait trancher, c’était ou l’élevage ou l’agriculture, poursuit-elle.
Ce sera l’agriculture mais avec une forte diversification. Le programme de conversion auquel exhortent les experts est bien entamé: les étendues de céréales cèdent la place à l’olivier. Et les imposants pivots d’irrigation sont remplacés par le goutte-à-goutte. Tout autour, des arbres fruitiers sont alignés à perte de vue; pruniers, pêchers, pommiers… A quelques mètres plus loin, des vignobles de cuve. Une exploitation de 10 ha de vigne rouge destinée aux Celliers de Meknès. Un peu plus loin, 15 ha de tomates cultivées en collaboration avec les Conserves de Meknès (la marque Aïcha). Mais c’est surtout à l’olivier qu’elle consacre toute son énergie et particulièrement la bioculture. Son objectif est de conquérir le marché américain. Ensuite les pays nordiques tout en se frayant une place dans les rayons de la grande distribution locale. Et pourquoi pas d’autant plus que son expérience qui a fait sensation lors du 1er Forum de l’investissement dans l’olivier tenu à Skhirat (www.leconomiste.com). La productrice qui a fait un exposé sur l’expérience de la reconversion menée ainsi que les possibilités d’organisation de la filière en groupements professionnels a été très sollicitée par ses confrères séduits par ce choix. D’ailleurs, son huile extra-vierge connue sous le label «Les Terroirs du Saïss» a été très appréciée lors du Siagrim et ce, pour ses qualités gustatives: «Une huile douce et fruitée». Pour arriver à ce goût doux, j’ai dû croiser deux variétés. L’Arbequine étant très douce, alors que la Picholine marocaine est piquante, voire amère», explique-t-elle. Et d’ajouter: «Je mise beaucoup sur l’Arbequine. Cette variété espagnole a l’avantage de produire jusqu’à 2 tonnes par hectare à partir de la 3e année», précise la productrice.
A en croire des exploitants de la région, elle est la seule à investir le bio pour l’heure. Un défi de taille puisque ce n’est pas à la portée: «Il faut d’abord être propriétaire de son terrain, être prêt à sacrifier d’autres cultures et avoir les moyens d’attendre les premiers fruits». La préparation du sol suppose au moins deux ans: «Il faut que le sol devienne vierge de tous résidus», signale Benkirane.
Le principe du bio repose sur le recours d’intrants 100% naturels. Autrement dit, les engrais chimiques sont interdits. En règle générale, «nous utilisons principalement des engrais organiques, fumiers, compost et engrais verts», précise la productrice. Pour cette dernière, ce sont des coûts en moins qui devraient ancrer davantage cette niche.

Match olivier/céréale

L’olivier est une culture plus rémunératrice que les céréales, et Mounia Benkirane sait de quoi elle parle. D’ailleurs, cette productrice vient de mener une reconversion sur 65 hectares. L’objectif est d’atteindre au moins 120, voire 150 hectares, soit la moitié de son domaine. Pour elle, c’est simple, entre les deux cultures, il n’y a pas de comparaison. Elle en veut pour preuve le bénéfices engrangés. La moyenne de production du blé étant de 40 quintaux par hectare, et le prix de vente étant de 2 DH le kilo, ce qui correspond à 8.000 DH par ha. Tandis que l’olivier peut produire 7 à 8 tonnes par hectare pour un prix de 5 à 6 DH, soit 42.000 DH par hectare.

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One Response to “[Maroc] L’olive se met au bio: Naissance d’un label Maroc”

  1. janan omar Says:

    CONGRATULATION POUR MOUNIA LA PIONIERE DE L’INDUSTRIE EOLICOLE DU 21 MILLINAIRE ,
    LE MAROC A BESOIN DE 100 AUTRES FEMMES MODEL (MOUNIA) POUR REHAUSSER LE PRODUIT MAROC A TRAVERS LES MARCHES INTERNATIONAUX ,
    CONGRATULATION MADAME BENKIRANE .
    ABDELILAHKJ  @ YAHOO  .   COM

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