Comment l’Algérie produit son huile

L’Algérie fait son huile à peu près comme ses villages de montagne l’ont toujours fait, avec des presses modernes qui se répandent désormais aux côtés des anciennes. La récolte vient surtout des terrasses escarpées de Kabylie, le fruit va à un mélange de moulins traditionnels et modernes, et presque toute l’huile se boit sur place. Une trituration à échelle humaine et domestique.
Récolte et trituration
La récolte algérienne court de la fin de l’automne à l’hiver, largement cueillie à la main sur les vergers de montagne en terrasses, souvent par des familles travaillant leurs arbres ou ceux des voisins. Le fruit part ensuite aux moulins, et là le pays est en transition. De vieux moulins de village — certains usant encore de meules et de presses traditionnelles — côtoient un nombre croissant d’unités continues modernes encouragées par l’État. Le changement compte : une trituration à froid, rapide et propre, préserve la fraîcheur et élève la qualité, là où le pressage traditionnel lent laisse le fruit s’oxyder avant d’être broyé.
Qualité, ancienne et nouvelle
Ce patchwork de méthodes explique justement pourquoi l’huile algérienne varie tant. Une Chemlal cueillie à la main avec soin et triturée vite et à froid peut être une huile fraîche, fruitée et vraiment bonne ; un fruit laissé en tas et pressé tard dans un vieux moulin donne quelque chose de plus plat et plus prompt à rancir. La modernisation relève peu à peu la moyenne, mais une grande part de l’huile se fait encore à petite échelle, au goût local, pour la famille plutôt que pour le classement à l’export. Savoir comment une huile a été triturée en dit plus que le seul nom de la variété.
Avec l’huile algérienne, la trituration compte autant que l’olive. Une Chemlal d’une presse moderne à froid, avec une date de récolte, est votre meilleur pari de fraîcheur ; l’huile d’un vieux pressoir de village peut charmer mais reste un pari sur la façon dont le fruit a été traité. Achetez à qui peut vous renseigner, gardez-la au frais et à l’abri de la lumière, et buvez-la jeune — ces huiles ne sont pas faites pour la garde.
D’après les pratiques de trituration algériennes et les témoignages de producteurs de Kabylie.