Les oliviers de Van Gogh
En 1889, en convalescence à l’asile de Saint-Paul-de-Mausole près de Saint-Rémy-de-Provence, Vincent van Gogh peignit encore et encore les oliviers sous sa fenêtre. Il en fit une quinzaine de toiles en une seule année — parmi les œuvres les plus fouillées de sa vie, et un étrange hommage, en biais, à un arbre de travail.

De tous les peintres qui ont regardé des oliviers, aucun n’a regardé aussi intensément que Van Gogh dans sa dernière année pleine. Vivant à sa propre demande à l’asile de Saint-Paul-de-Mausole, juste hors de Saint-Rémy-de-Provence à partir de mai 1889, il revint sans cesse aux oliveraies de travail qui l’entouraient — les mêmes arbres qui nourrissaient la Provence depuis des siècles. Il fit une quinzaine de toiles d’oliviers cette année-là, par élans distincts, et traita ces arbres ordinaires et productifs avec le sérieux d’ordinaire réservé au portrait. Il en résulte l’étude artistique la plus soutenue jamais consacrée à l’olivier.
Pourquoi les oliviers
Van Gogh fut attiré par les oliveraies de Provence comme pendant de ses cyprès — les uns et les autres anciens, tordus, enracinés dans la lumière du Sud qu’il était venu chercher. Il écrivit à son frère Theo que l’olivier était « autre chose », difficile à peindre, son feuillage passant de l’argent au bronze au vert-bleu au gré de la lumière. Il travailla au fil des saisons, saisissant les cueilleurs entre les troncs et les membres noueux sur la terre ocre. C’étaient de vraies oliveraies productives, et il les aborda non comme un joli décor mais comme des sujets vivants et difficiles, dignes de toute l’attention d’un peintre.
Ce qu’il y voyait
L’olivier offrit à Van Gogh un sujet à la fois vivant et vieux. Il peignit les arbres non comme un fond mais comme des êtres vivants, les troncs se soulevant comme des corps, l’oliveraie entière saisie en plein mouvement. Il y a du chagrin dans certaines toiles — le groupe de novembre est lié à son sentiment sur le Christ dans l’oliveraie de Gethsémani — et un calme farouche dans d’autres, mais l’arbre travaille toujours : enraciné, portant fruit, endurant. C’est cela, plus que toute symbolique, qui émeut encore ceux qui se sont tenus dans une vraie oliveraie. Il comprenait ce que les producteurs savent dans leurs mains : un olivier est patient, noué par le labeur, et bien plus vieux que celui qui le soigne.
Se tenir où il se tenait
Voici la récompense du voyageur épris d’olivier. Les oliveraies autour de l’ancien monastère de Saint-Rémy sont toujours là, toujours travaillées, et se tenir entre les troncs fait soudain comprendre la touche fébrile de Van Gogh — un vieil olivier a vraiment l’air de bouger. Les arbres qu’un producteur sérieux conserve ont souvent un siècle ou plus, exactement le caractère patient et tordu qu’il poursuivait. Il n’inventait pas le drame ; il l’enregistrait. Regardez un vrai olivier ancien dans la lumière basse de Provence et vous voyez les mêmes formes tourmentées qu’il a posées sur la toile — preuve que sa « distorsion » était, pour l’olivier, proche de l’observation honnête.
| Quand | 1889, pendant son séjour à Saint-Rémy |
|---|---|
| Où | Asile de Saint-Paul-de-Mausole, près de Saint-Rémy-de-Provence |
| Combien | Une quinzaine de toiles d’oliviers |
| Les oliveraies | De vraies oliveraies de travail, en Provence |
| L’atmosphère | Du calme farouche au chagrin de Gethsémani |
| La source | Ses propres toiles et ses lettres à son frère Theo |
L’année des oliviers de Van Gogh
| Quand (1889) | Ce qu’il peint |
|---|---|
| Mai | Il arrive à l’asile de Saint-Rémy ; les oliveraies l’entourent |
| Juin | Un premier groupe de toiles d’oliviers en pleine lumière d’été |
| Tout l’été | Il étudie le feuillage passant de l’argent au bronze |
| Novembre | Un second groupe, lié à son sentiment sur Gethsémani |
| Décembre | Des toiles de cueilleurs travaillant entre les troncs |
| Sur l’année | Une quinzaine de toiles d’oliviers en tout |
Voir les toiles et les arbres
- Les troncs tordus sont proches de l’observation honnête — les vieux oliviers se tordent vraiment.
- Il a traité les oliveraies de travail avec le sérieux du portrait.
- Le groupe de novembre porte le chagrin de Gethsémani, elle-même une oliveraie.
- Tenez-vous dans une vraie oliveraie de Saint-Rémy et sa touche prend son sens.
Les oliviers de Van Gogh : questions fréquentes
Combien de toiles d’oliviers Van Gogh a-t-il faites ?
Une quinzaine, presque toutes en 1889, pendant son séjour à l’asile de Saint-Paul-de-Mausole près de Saint-Rémy-de-Provence.
Où les a-t-il peintes ?
Dans les oliveraies de travail autour de l’asile de Saint-Rémy, dans les Alpilles de Provence, quand on l’autorisait à sortir des murs.
Pourquoi peignait-il si souvent des oliviers ?
Il les voyait comme le pendant de ses cyprès — anciens, tordus, difficiles à peindre — et écrivit à Theo que l’olivier était « autre chose », son feuillage changeant de couleur avec la lumière.
Les toiles sont-elles liées à Gethsémani ?
Oui — le groupe de novembre 1889 est lié à son sentiment sur l’agonie du Christ dans l’oliveraie de Gethsémani.
Peut-on visiter les oliveraies qu’il a peintes ?
Oui — les oliveraies autour de l’ancien monastère de Saint-Rémy sont toujours là et toujours travaillées, et s’y tenir fait comprendre sa touche fébrile.
Si vous visitez un jour Saint-Rémy, les oliveraies autour de l’ancien monastère sont toujours là, toujours travaillées. Tenez-vous entre les troncs et la touche fébrile de Van Gogh prend soudain son sens — un vieil olivier a vraiment l’air de bouger. Les arbres qu’un producteur sérieux conserve ont souvent un siècle ou plus, exactement le caractère patient et tordu qu’il poursuivait. On parle de « distorsion », mais avec l’olivier c’est plus près du reportage honnête : il a peint ce à quoi ressemble vraiment un arbre ancien dans la lumière basse du Sud. L’olivier a fait la moitié du travail ; il avait seulement les yeux pour le voir.
D’après les toiles d’oliviers peintes par Van Gogh à Saint-Rémy en 1889 et ses lettres à Theo.