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Les ladera grecs : légumes confits à l’huile d’olive

25 juillet 2022 6 min de lecture Read it in English →

Le mot grec ladera vient de ladi, l’huile — et cela dit tout. Ce sont des plats où les légumes ne sont ni frits ni rôtis, mais braisés doucement dans une belle mare d’huile d’olive jusqu’à devenir tendres, sucrés et soyeux. L’huile n’est pas une arrière-pensée : elle est le cœur du plat et, très littéralement, la sauce.

Une poêlée de haricots verts braisés à l’huile d’olive et à la tomate

Ladi
l’huile, donne le nom
Haricots verts
gombos, pois, pommes de terre
Doux & lent
jamais croustillant
Un tiers de tasse+
d’huile, et plus
Tiède
pas brûlant

Le ladera est l’épine dorsale discrète de la cuisine grecque : haricots verts (fasolakia), gombos, pois, artichauts ou pommes de terre en quartiers, fondus dans l’huile et la tomate jusqu’à devenir tendres à fondre. Nourriture du quotidien, souvent sans viande, et l’une des démonstrations les plus pures de ce que peut faire une bonne huile d’olive traitée en ingrédient plutôt qu’en lubrifiant. Si l’on vous a dit d’y aller doucement sur l’huile, le ladera est le plat qui, poliment, n’est pas d’accord.

Comment marche la méthode

Faites fondre un oignon dans beaucoup d’huile, ajoutez les légumes avec de la tomate concassée et un peu d’eau, puis laissez cuire doucement et longtemps jusqu’à ce que les légumes soient fondants et le liquide réduit en une sauce épaisse et huileuse. Le but n’est pas de croustiller quoi que ce soit ; c’est de tirer la douceur par le temps et le gras. Un bon ladera emploie bien plus d’huile qu’un cuisinier prudent n’oserait — souvent un tiers de tasse ou plus — car l’huile est la sauce : elle porte le goût et donne au plat son corps brillant. C’est un braisage doux, bien en dessous des températures de friture ; l’huile n’est jamais malmenée.

Pourquoi l’huile doit être bonne — et pourquoi la chaleur ne doit pas vous inquiéter

Comme l’huile fait le gros du travail, le ladera ne pardonne pas une mauvaise bouteille — rien pour se cacher derrière. Une huile grecque fraîche et fruitée donne un plat qui goûte vert et vivant ; une huile fatiguée et plate rend toute la poêle terne. Pas besoin de votre bouteille la plus chère, mais d’une huile honnête et fraîche. Et ignorez la vieille peur selon laquelle l’huile d’olive « ne supporte pas la chaleur » : un braisage doux reste très en dessous du point de fumée de l’extra-vierge, et ses antioxydants naturels en font de toute façon l’une des huiles les plus stables à la cuisson. L’huile ne risque rien ; le goût est tout l’enjeu.

Les deux façons de rater un ladera

Il n’y en a vraiment que deux : le bousculer, et lésiner sur l’huile. Cuisez doucement jusqu’à ce que les légumes cèdent complètement — un ladera ne doit jamais être al dente, quoi qu’en dise un livre moderne. Et employez toute la quantité d’huile, généreuse, car un filet chiche laisse le plat maigre et sans joie. Un dernier truc que connaissent les tavernes : laissez la poêle reposer vingt minutes hors du feu avant de servir, pour que les saveurs se posent et que l’huile se lise comme partie du plat, non comme une pellicule dessus. Le ladera se mange tiède ou à température ambiante, ce qui laisse monter l’arôme de l’huile. Le pain à côté n’est pas facultatif.

Méthode Gras employé Résultat La qualité de l’huile compte ?
Ladera (braisé à l’huile) Généreux ; l’huile est la sauce Soyeux, sucré, fondant Crucial ; on la goûte directement
Rôtissage De quoi enrober, pas plus Bords caramélisés, mâche plus ferme Moins ; la chaleur émousse les arômes fins
Friture Huile chaude, peu profonde ou non Surface croustillante et dorée Le moins ; une huile du quotidien saine suffit
Quantité d’huilesoyez vraiment généreux
Dépendance à l’huilel’huile est la sauce
Patience requisecuire jusqu’à ce que ça cède
Difficultépresque infaillible
Valeur au quotidienmodeste, sans viande, bon marché

Bien le réussir

  • Prenez une huile grecque fraîche et fruitée et soyez vraiment généreux — l’huile est la sauce.
  • Cuisez doucement et longtemps jusqu’à ce que les légumes soient fondants ; jamais al dente.
  • N’ayez pas peur de la chaleur — un braisage doux reste bien en dessous du point de fumée.
  • Laissez la poêle reposer 20 minutes hors du feu avant de servir.
  • Servez tiède ou à température ambiante, avec pain et feta pour saucer.

Ladera grec : questions fréquentes

Que veut dire ladera ?

Le mot vient de ladi, l’huile en grec. Les ladera, ce sont « les huileux » — des légumes braisés dans une belle quantité d’huile d’olive jusqu’à devenir tendres et soyeux.

Faut-il vraiment autant d’huile ?

Oui. Dans le ladera, l’huile est la sauce, pas un enrobage. Un filet prudent donne un plat maigre et sans joie ; la générosité fait tout le caractère de cette cuisine.

Cuire l’huile aussi longtemps ne la gâche-t-il pas ?

Non. Un braisage doux reste très en dessous du point de fumée de l’extra-vierge, et ses antioxydants en font l’une des huiles les plus stables. Prenez une bouteille fraîche et honnête, et elle goûtera vert et vivant.

Quels légumes conviennent au ladera ?

Haricots verts, gombos, pois, artichauts, courgettes ou pommes de terre en quartiers sont tous classiques, cuits avec oignon et tomate. Presque tout légume tenant à la cuisson convient.

Faut-il le servir chaud ?

Traditionnellement tiède ou à température ambiante, jamais brûlant — cela laisse monter l’arôme de l’huile. Laissez reposer la poêle et prévoyez du pain.

⚠ Le mot du métier

L’instinct que la plupart des cuisiniers combattent, c’est la quantité d’huile, et c’est exactement le mauvais instinct ici. Dans le ladera, l’huile n’est pas une pellicule dont il faudrait culpabiliser — elle est la sauce, le corps et le goût, et un filet chiche fait simplement un moins bon plat. Employez toute la quantité généreuse, prenez une huile grecque fraîche et fruitée que vous mangeriez crue, et cuisez les légumes jusqu’à ce qu’ils cèdent vraiment. Puis laissez reposer la poêle, mangez tiède et non brûlant, et gardez du pain sous la main. Cette mare d’huile au fond du plat n’est pas une faute à éponger : c’est la meilleure bouchée du repas.

D’après la cuisine familiale grecque et la pratique quotidienne du ladera.