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À quoi sert un consortium de producteurs d’huile en Italie

9 juin 2006 5 min de lecture Read it in English →

L’Italie compte des centaines de milliers de petits oléiculteurs qui, seuls, pèsent peu sur un marché mondial. La réponse, depuis des décennies, c’est le consortium, et comprendre ce que fait un organisme comme l’UNAPROL éclaire beaucoup sur la façon dont l’huile italienne est produite, défendue et vendue.

1966
début d’activité, selon l’UNAPROL
Coldiretti
un lien étroit
Petits producteurs
ceux qu’elle regroupe
Consortium
le modèle
Italie
sa base

Quand on imagine l’huile d’olive italienne, on pense à un verger de coteau et à un moulin familial. Les deux existent, mais au-dessus d’eux se trouve un échelon qui pèse lourd sur ce qui arrive sur votre étagère : l’organisation de producteurs. Le secteur oléicole italien est fait d’une multitude de petits producteurs, la plupart sur quelques hectares ; individuellement, ils sont presque sans pouvoir face aux gros acheteurs, aux à-coups de prix et aux importations bon marché. Se regrouper en consortium, c’est reprendre un peu de poids, et l’UNAPROL, qui se présente comme le plus grand du pays, en est l’exemple le plus clair.

Ce qu’est un consortium de producteurs

L’UNAPROL (le Consorzio Olivicolo Italiano), active selon elle depuis 1966, est étroitement liée à la Coldiretti, la grande organisation agricole italienne, dont elle partage le siège romain. Elle réunit un réseau d’organisations de producteurs reconnu par le ministère italien de l’Agriculture. Voyez-la comme une organisation d’organisations : une structure qui permet à une masse dispersée de petits paysans d’agir, de négocier et de parler d’une seule voix. Tout tient à cette échelle. Un producteur seul ne pèse pas sur un acheteur de supermarché ni sur un marché d’exportation ; un organisme qui en représente un grand nombre, oui.

Ce que c’est Une association d’organisations d’oléiculteurs, qui se présente comme la plus grande d’Italie
Activité Depuis 1966, selon elle
Liens Étroits avec la Coldiretti, grande organisation agricole italienne
Représente Un grand nombre d’exploitations oléicoles
Son travail Traçabilité, qualité, promotion, formation, soutien au marché
Pourquoi c’est important Donne un poids collectif à des producteurs dispersés

Ce qu’il fait vraiment

Le quotidien d’un consortium est ingrat mais bien réel. Il pousse la traçabilité pour suivre l’huile du verger à la bouteille ; il travaille les normes de qualité et la formation technique pour que les producteurs fassent une meilleure huile ; il promeut l’huile italienne au pays et à l’étranger ; et il fait du lobbying (à Rome et à Bruxelles) sur les règles, les aides et les conditions commerciales dont dépend la survie d’un petit producteur. Il défend aussi, de plus en plus, l’idée même d’une huile vraiment italienne, face au fait qu’une bonne part de l’huile embouteillée en Italie a été pressée ailleurs. Quand un tel organisme proteste qu’une huile 100 % italienne se vend en dessous de son coût de production, c’est le consortium dans son rôle premier : se battre pour le prix dont ses membres ont besoin.

À lire sans naïveté

Rien de cela n’en fait une œuvre de charité au-dessus de toute critique. Ce sont de grandes organisations politiques liées aux géants du lobby agricole, elles manient d’importants fonds publics et européens de promotion et, comme pour tout organisme de ce genre, l’usage de ces fonds suscite des questions et, parfois, la polémique. À garder en tête sans cynisme : le consortium existe pour servir les intérêts de ses membres, ce qui rejoint souvent une huile meilleure et plus traçable, mais pas toujours la bouteille la moins chère pour vous. Pour l’acheteur, la leçon est plus simple. Derrière l’expression « huile d’olive italienne » se tient un secteur organisé, et les labels qui pèsent vraiment (origines protégées, traçabilité réelle) sont ceux que ces organismes aident à bâtir et à faire respecter.

  • L’huile italienne repose sur une masse de petits producteurs au faible pouvoir individuel.
  • Un consortium comme l’UNAPROL les rassemble en une force de négociation et de promotion.
  • Son travail : traçabilité, qualité, promotion et lobbying, à Rome et à Bruxelles.
  • Il défend de plus en plus l’huile vraiment italienne face à l’huile seulement embouteillée en Italie.
  • Regardez ces organismes sans naïveté : ils servent l’intérêt de leurs membres, pas forcément le prix le plus bas.

Les consortiums oléicoles italiens : questions fréquentes

Qu’est-ce que l’UNAPROL ?

Un consortium d’oléiculteurs italiens, qui se présente comme le plus grand du pays et se dit actif depuis 1966. Étroitement lié à la Coldiretti, il rassemble un grand nombre de producteurs en un seul organisme.

Pourquoi les producteurs forment-ils des consortiums ?

Parce que, seuls, les petits producteurs n’ont presque aucun poids sur le marché. Ensemble, ils peuvent négocier, promouvoir et peser sur les règles et les prix dont dépend leur survie.

Que fait concrètement un consortium ?

De la traçabilité, des normes de qualité, de la formation technique, la promotion de l’huile italienne, et du lobbying à Rome et à Bruxelles sur les aides et le commerce.

Cela influence-t-il l’huile que j’achète ?

Indirectement, oui. Ces organismes aident à bâtir et défendre les origines protégées et les labels de traçabilité qui vous disent qu’une huile est vraiment ce qu’elle prétend.

Ces consortiums sont-ils impartiaux ?

Non : ils existent pour servir l’intérêt de leurs membres. Cela signifie souvent une huile meilleure et plus traçable, mais lisez leurs propos comme ceux d’un lobby organisé, pas d’un arbitre neutre.

⚠ Le mot du métier

Le consommateur ne pense jamais à la mécanique derrière l’huile italienne, et pourtant elle compte. Un pays de tout petits producteurs n’a aucun poids exploitation par exploitation ; il s’organise donc, et un consortium comme l’UNAPROL permet à un secteur dispersé de négocier, de promouvoir et de faire du lobbying d’une seule voix. Ne le prenez pas pour un arbitre neutre : ce sont de grands organismes politiques qui manient de vrais fonds publics et se battent pour le prix de leurs membres, pas pour votre bonne affaire. La conclusion honnête pour l’acheteur : les labels dignes de confiance (origines protégées, vraie traçabilité) sont justement ceux que ces organisations ont pour mission de bâtir et de défendre.

D’après la présentation publique de l’UNAPROL (consortium oléicole italien, qui se dit actif depuis 1966) et la structure des organisations d’oléiculteurs italiennes.

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