Des milliers de producteurs protestent à Jaén contre l’effondrement des prix
En juin 2019, plus de 5 000 producteurs ont manifesté à Jaén alors que les prix tombaient sous le coût de production. Quelques années avant la grande flambée, les paysans espagnols manifestaient parce que l’huile ne valait presque rien — l’autre face, opposée, de la crise des prix.

Plus de 5 000 manifestants ont marché sur un bâtiment gouvernemental à Jaén, cœur de l’oléiculture espagnole, réclamant des mesures alors que les prix tombaient sous le coût — par endroits sous 2,00 € le kilo. La police anti-émeute a été déployée, et les autorités ont exhorté les producteurs à stocker l’huile jusqu’à la reprise des prix. Il vaut la peine de se souvenir de cette scène, car elle est l’image inversée exacte de la crise qui fera toutes les manchettes quelques années plus tard. Un prix trop bas est aussi une crise.
Comment une surabondance casse le prix
Le bas de 2019 était le revers du même mécanisme qui a plus tard causé la flambée. Une série de récoltes plus grosses et des stocks pleins signifiaient plus d’huile que le marché ne pouvait absorber, et comme on ne mange pas beaucoup plus d’huile d’olive parce qu’elle est bon marché, le prix devait chuter loin pour écouler le surplus. En année de grosse récolte, le prix à la production peut tomber sous le coût de production — et à Jaén, où se trouve tant de la récolte espagnole, cela a frappé des milliers de producteurs d’un coup.
Pourquoi les prix sous le coût sont dangereux
Vendre sous le coût n’est pas seulement douloureux ; c’est corrosif. Un producteur qui perd de l’argent année après année cesse de tailler, cesse d’investir, et finit par partir — et un verger abandonné ne revient pas vite, car un jeune arbre met des années à produire. Une surabondance aujourd’hui retire donc en silence de la capacité pour demain, resserrant l’offre future et préparant la prochaine pénurie. Les manifestations de 2019 étaient des paysans avertissant, en somme, que l’huile bon marché d’aujourd’hui, c’est l’huile chère de demain.
Le piège de l’euphorie et du krach
Mettez 2019 à côté de la grande flambée et tout le motif se met au point. D’abord les prix s’effondrent et les producteurs manifestent parce que l’huile ne vaut rien ; quelques années plus tard les prix explosent et les acheteurs grimacent parce que l’huile est rare — et la seconde fut en partie semée par la première, les années maigres ayant clairsemé les rangs des producteurs. L’euphorie et le krach ne servent personne. Le but n’est ni le haut punitif ni le bas ruineux, mais un prix juste et stable qui garde les vergers honnêtes vivants dans les deux cas. Voyez l’extrême opposé dans le krach de 2025.
| Prix trop bas (2019) | Prix trop haut (flambée ultérieure) |
|---|---|
| Surabondance et stocks pleins | Sécheresse et stocks vides |
| Prix à la production sous le coût, sous 2 €/kg | Gros près de 9 €/kg |
| Producteurs manifestent et abandonnent les vergers | Acheteurs rationnent et changent d’huile |
| Sème la prochaine pénurie | Sème la fraude et le vol |
| Deux crises — ni l’une ni l’autre n’est l’équilibre | Le prix juste et stable est le but |
Ce qu’il faut en retenir
- Rappelez-vous qu’un prix trop bas est aussi une crise, pas une simple aubaine.
- Les prix sous le coût poussent à abandonner les vergers, semant la prochaine pénurie.
- Le poids de Jaén fait de sa douleur le problème d’offre futur du monde.
- Souhaitez un prix juste et stable, pas le plus bas ni le plus haut.
- L’huile bon marché aujourd’hui peut être l’huile chère de demain — les deux extrêmes sont liés.
Les manifestations de Jaén en 2019 : questions fréquentes
Pourquoi les producteurs manifestaient-ils en 2019 ?
Les prix étaient tombés sous le coût de production — par endroits sous 2 € le kilo — si bien que plus de 5 000 producteurs ont marché à Jaén pour réclamer des mesures.
Comment les prix tombent-ils sous le coût ?
Une série de grosses récoltes et des stocks pleins peuvent laisser plus d’huile que le marché n’absorbe. La demande montant à peine quand l’huile est bon marché, le prix chute fort pour écouler le surplus — parfois sous le coût.
Pourquoi un prix bas est-il dangereux ?
Les producteurs qui perdent de l’argent cessent d’investir et finissent par abandonner les vergers. Un verger abandonné ne revient pas vite ; une surabondance aujourd’hui retire de la capacité et prépare la prochaine pénurie.
Quel lien 2019 a-t-elle avec la flambée ultérieure ?
Ce sont des images inversées de la même euphorie-krach. Les années maigres ont clairsemé les rangs des producteurs, semant en partie la rareté qui a causé les prix records ultérieurs.
Quelle est l’alternative saine ?
Un prix juste et stable, qui couvre les coûts des producteurs avec une marge modeste et reste abordable — entre le bas ruineux et le haut punitif.
Rappelez-vous cette scène la prochaine fois que vous fêterez l’huile bon marché : un prix trop bas est aussi une crise. C’est ainsi que les vergers sont abandonnés et que la prochaine pénurie est semée. Quelques années avant la grande flambée, les producteurs espagnols manifestaient à Jaén parce que leur huile ne valait presque rien — et ces années maigres ont discrètement clairsemé les rangs des paysans dont le monde aurait bientôt désespérément besoin. L’euphorie et le krach ne servent personne. Le but, c’est un prix juste et stable, et ça l’a toujours été.
D’après les reportages de juin 2019 sur les manifestations de producteurs à Jaén alors que les prix espagnols de l’huile d’olive tombaient sous le coût de production.