21 Dec

Journées d’étude sur la production d’huile d’olive

Déjà très ancienne, mais toujours tournée vers l’avenir, l’oléiculture, forte de 6,4 millions d’arbres s’étendant sur près de 1,68 million d’hectares ( 1/3 des terres agricoles), joue un rôle important dans la vie économique et sociale du pays; elle est la source de revenu pour 250.000 familles.

La Tunisie se classe au deuxième rang mondial, après l’Union européenne, et au quatrième rang après l’Espagne, l’Italie et la Grèce, elle dépasse de loin tous les pays de la rive sud de la Méditerranée. «Au cours de la dernière décennie, la moyenne de production annuelle est de 150.000 tonnes, elle est en augmentation de 50% par rapport à la décennie précédente. L’huile extra-vierge présente 65% de la production. Pour la saison 2005-2006, les recettes en devises ont atteint 900 millions de dinars», a précisé M. Mohamed Habib Haddad, ministre de l’Agriculture et des Ressources hydrauliques, lors des journées d’études sur le développement du secteur de l’huile d’olive, organisées par l’Office national de l’huile (O.N.H).


Toutefois, les rendements, et en dépit des progrès réalisés, restent relativement faibles et en deçà des potentialités réelles, ce qui vouerait la production oléicole à un avenir certain grâce à l’élan pris dans le domaine du développement agricole et du rajeunissement des oliveraies. «La productivité est encore faible. Le secteur souffre de l’instabilité de la production d’une année à l’autre. L’oléiculture tunisienne est tributaire du climat. De même, les oliveraies sont dans une grande partie constituées de vieux arbres», ajoute M. Haddad.

Les journées d’étude ont aussi offert l’occasion d’évaluer le secteur. Dans ce même registre, M. Fehri Souilem souligne que «le commerce international de l’huile d’olive connaît l’émergence de nouveaux producteurs comme la Syrie,le Maroc, la Turquie, le Chili. En plus des nouveaux producteurs, il s’agit, également, de nouveaux consommateurs comme les Etats-unis d’Amérique avec 250.000 tonnes. Il faut, donc, identifier les contraintes et les problèmes afin de répondre aux défis mondiaux et consolider notre place mondiale, surtout que la part de la Tunisie dans le marché international de l’huile d’olive varie entre le quart et le tiers».

Par ailleurs, un programme national d’intensification de l’oléiculture est mis en place. Il vise l’amélioration de la productivité. La moyenne de production en olives est de 0,75 tonne par hectare: la densité de plantation varie selon les régions. Actuellement, on a 100 oliviers par hectare au nord, 60 oliviers/ ha au centre et 20 arbres/ ha au sud. «L’intensification du nombre d’arbres par hectare représente une solution pour améliorer la productivité. Il y a deux méthodes. La première consiste à planter entre 200 et 300 oliviers par hectare et la deuxième, qui est l’hyperintensif, consiste à planter entre 1.200 et 1.660 arbres par hectare», souligne Dr Monji Msallem, un chercheur à l’Institut de l’olivier.

L’intensification vise, donc, l’amélioration de la productivité afin d’avoir un noyau stable de production pour faire face aux engagements mondiaux. «On remarque, ces dernières années, que la concurrence s’est accrue. Le classement mondial va être bouleversé par l’émergence de nouveaux producteurs. Il faut intensifier, donc, la production d’huile d’olive. L’hyperintensif permet, de ce fait, de produire 10 tonnes d’olives par hectare, soit l’équivalent de 2 tonnes d’huile. On compte actuellement 2.000 hectares en hyperintensifavec une production moyenne de 7 à 8 tonnes par haoù l’on utilise des variétés espagnoles adaptées au climat tunisien», a ajouté Dr Msallem.

Pour sa part, M. Fandri, un promoteur qui utilise la méthode hyperintensive, a déclaré :«Mon oliveraie se trouve à Meknessi où il y a assez d’eau pour ce type de culture. Auparavant, la densité des plantations était très faible, 17arbres /ha. Il y a deux ans, j’ai arraché les vieux arbres et je les ai remplacés par de nouvelles variétés. La densité actuelle est de 1.666 arbres/ha». Il a ajouté que dès la deuxième année, il a eu une production de 4 tonnes d’olives par ha, l’équivalent de 700 kilos d’huile. À la quatrième année, il prévoit 10 tonnes d’olives/ha.

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