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Plus de trois millions de litres d’huile d’olive produits à Bouira

Dans les collines de Kabylie, l’huile d’olive n’est pas une marchandise d’export mais un produit du quotidien, pressé, gardé et mangé près de chez soi. Voilà pourquoi l’Algérie — vrai producteur — est presque invisible sur le marché mondial, et pourquoi sa récolte oscille entre abondance et disette.

Algérie
gros producteur intérieur
Kabylie
les montagnes de l’olivier
Chemlal
la variété dominante
Alternance
années fortes puis faibles
Local
l’essentiel bu sur place

L’Algérie produit une grande quantité d’huile d’olive, l’essentiel dans le nord montagneux — la Kabylie surtout, les hauts plateaux berbères à l’est d’Alger, où l’olivier est tissé dans la vie quotidienne. Des wilayas comme Bouira, Tizi Ouzou et Béjaïa portent une large part de la récolte nationale. Ce qui distingue l’Algérie des exportateurs méditerranéens, c’est que presque toute cette huile reste au pays : c’est un aliment de base domestique, pressé dans des milliers de moulins locaux et consommé par les familles qui l’ont produit, non une marchandise courue pour la vente à l’étranger.

1234Le nord oléicole de l’AlgérieLes hauteurs de Kabylie à l’est d’AlgerKey olive regionPays de l’olivierRécolte : nov.–janv.

1Bouira 2Tizi Ouzou 3Béjaïa 4Alger
Le cœur, c’est la Kabylie — Bouira, Tizi Ouzou et Béjaïa — où la Chemlal, résistante à la sécheresse, domine les vergers.

L’olive Chemlal

La variété qui habille ces montagnes est la Chemlal, l’olive la plus plantée d’Algérie, prisée pour la qualité et le rendement de son huile et bien adaptée au nord frais et vallonné. À ses côtés poussent l’Azeradj et, à l’ouest, la Sigoise mixte, olive de table réputée. La Chemlal, à son meilleur, donne une huile fine et délicate ; le problème a rarement été l’arbre, souvent ce qui se passe après la cueillette.

Pourquoi la récolte oscille

Deux forces font basculer la production algérienne d’une année à l’autre. La première est l’alternance propre à l’olivier — une forte récolte une année épuise l’arbre pour la suivante — amplifiée ici par la météo : une gelée dure ou la neige en montagne peuvent écraser une saison, quand une bonne année peut plus que la doubler. La seconde : une grande part de la récolte reste cueillie à la main et lente à rejoindre le moulin — exactement là où la qualité se gagne ou se perd.

La leçon du moulin

Voici ce qui compte pour quiconque aime l’huile, pas seulement pour l’Algérie. Ce que le producteur maîtrise le plus, c’est la vitesse et la propreté : amener le fruit au pressoir dans la journée, triturer vite, et stocker l’huile en inox neutre, pas dans de vieilles cuves de ciment ou de céramique qui abritent moisissures et faux-goûts. Mécaniser la récolte n’oppose pas romance et modernité — une machine rentre cent kilos dans le temps où un ouvrier en cueille une fraction, et chaque heure gagnée entre l’arbre et le pressoir protège l’arôme. Là où l’huile algérienne déçoit, le défaut est presque toujours dans ce laps de temps, pas dans la Chemlal.

Étape À la légère Pour la qualité
Récolte Cueillette lente, fruit entassé Cueillette rapide, direct au moulin
Délai avant pressage Des jours — le fruit fermente En ~24 heures
Trituration Vieille meule, pâte chaude Propre, température maîtrisée
Stockage Cuves de ciment ou de céramique Inox neutre, hermétique

Ce qu’il faut en retenir

  • La fraîcheur se fait dans l’écart entre l’arbre et le pressoir — les heures comptent plus que la romance.
  • La Chemlal est une belle variété à huile ; l’essentiel des défauts vient après la cueillette, pas de l’arbre.
  • Le stockage en inox protège l’huile ; les vieilles cuves de ciment ou de céramique la corrompent.
  • Alternance et gel de montagne font osciller fortement la récolte — jugez l’huile, pas le gros titre de l’année.

Huile d’olive algérienne : questions fréquentes

L’Algérie est-elle un grand producteur d’huile d’olive ?

Oui, un producteur important, concentré dans le nord montagneux — mais l’essentiel de son huile est consommé sur place, si bien qu’elle apparaît à peine sur les marchés mondiaux d’export.

Quelle est la principale variété algérienne ?

La Chemlal, l’olive la plus plantée du pays, appréciée pour son huile fine, aux côtés de l’Azeradj et de l’olive de table de l’ouest, la Sigoise.

Pourquoi la récolte algérienne varie-t-elle autant ?

À cause de l’alternance naturelle de l’olivier, aggravée par la météo de montagne — gel ou neige peuvent ruiner une saison, quand une année douce peut plus que doubler la production.

Qu’est-ce qui influe le plus sur la qualité de l’huile ?

La vitesse et la propreté après la cueillette : amener le fruit au moulin dans la journée, triturer vite, et stocker l’huile en inox plutôt que dans des cuves qui la corrompent.

Où poussent les olives en Algérie ?

Surtout en Kabylie — des wilayas comme Bouira, Tizi Ouzou et Béjaïa — les hauteurs berbères à l’est d’Alger.

Le mot du métier

L’Algérie rappelle qu’une bonne huile ne tient pas d’abord à la variété — la Chemlal est parfaitement bonne — mais aux heures entre l’arbre et le pressoir. Là où l’huile de montagne déçoit, c’est presque toujours parce que le fruit a trop attendu, que le moulin était sale, ou que l’huile est allée dans une vieille cuve de céramique qui lui a donné un goût de moisi. La vitesse et l’inox propre corrigent plus de défauts que n’importe quel cépage prestigieux. C’est la leçon la moins glamour de l’huile d’olive, et la plus vraie.

D’après la production oléicole algérienne en Kabylie (Bouira, Tizi Ouzou, Béjaïa), la variété Chemlal et les bonnes pratiques de moulin.