25 Mar

Lesieur, l’huile d’olive et la culture du Colza en Tunisie !

par K. Boumiza,

Philippe Tillous-Borde Président de Lesieur, vient de signer, vendredi dernier à Tunis, un accord de partenariat avec le groupe tunisien Hmila qui travaille déjà dans le secteur des huiles végétales. Lesieur s’adjuge ainsi un tiers du capital de Cristal Tunisie, à couté de la Raffinerie Africaine et Cristal Maroc.

Mais Lesieur ne semble pas s’arrêter en si bon chemin en Tunisie. Le président de Lesieur nous a en effet annoncé plus d’une perspective pour les huiles végétales en Tunisie et pas que dans le secteur des huiles alimentaires. Lesieur n’exclut pas en effet de s’investir (et peut-être qui sait, investir) dans la culture du Colza en Tunisie, où des régions auraient été identifiées. Lesieur regarde aussi, avec intérêt, du côté de l’huile d’olive tunisienne et son président parle de contrats programme pour son groupe. Interview.

Pourquoi le choix de la Tunisie pour ce partenariat. Après le Maroc, que vous apporte la Tunisie ?
La Tunisie est un grand consommateur d’huiles végétales. Bien sûr qu’il y a prioritairement l’huile d’olive, mais toute la population tunisienne consomme de l’huile végétale et cela ne peut-être donc qu’un bon marché. Avec une moyenne de 200 mille tonnes par an, la Tunisie est aussi un pays très important en termes de production d’huile d’olive. Ce sont là, pour nous, deux raisons fortes de s’intéresser à ce pays lorsqu’on est un spécialiste des huiles végétales.

Ce partenariat, avec le groupe Hmila, déjà dans le secteur du raffinage, se limitera-t-il à l’apport d’une nouvelle carte dans l’offre du groupe tunisien, ou ira-t-il au-delà du simple partenariat commercial pour se transformer en un partenariat industriel ?
Il faut, pour avancer, marcher pas à pas. Aujourd’hui ce sera donc une première étape et il faut la réussir. Vous avez remarqué que c’est un partenariat équilibré que nous avons signé, puisque nous sommes à parts égales dans le capital. On veut réussir la valorisation de ces huiles auprès du consommateur tunisien, ensemble, pour lui apporter un produit équilibré sur le plan nutritionnel et de bonne qualité. Mais je crois pouvoir dire que, si nous réussissons, très rapidement c’est vers un vrai partenariat industriel long terme que nous irons et sur différents volets de la valorisation des huiles végétales que nous développerons ensemble.

Pouvez-vous nous en dire plus et mieux nous dessiner ces nouvelles perspectives industrielles ?
Sur ce plan, il y a surtout à développer l’activité de raffinage avec la « Raffinerie Africaine ». Il y à développer des huiles équilibrées, avec l’activité de conditionnement, comme les marques de Lesieur telles que Isio 4 ou Isio 4 Olive le permettraient pour les consommateurs qui feraient attention à leur santé. On pourra certainement envisager aussi d’autres produits. Lesieur est aussi connu dans les sauces, de mayonnaises ou autres produits, et on peut imaginer des choses de ce type. Avec un peu plus d’imagination, puisqu’on parle aussi ces derniers temps de la valorisation des huiles végétales dans les domaines non alimentaires telles que les énergies renouvelables ou les bioproduits, pourquoi pas donc imaginer et rêver, mais avec du concret derrière, pour des développements de ce type.

On peut donc imaginer que Lesieur s’investisse dans la culture du Colza en Tunisie ?
Oui nous le pensons. Lesieur ou d’autres filiales du groupe Sofiproteol pourraient imaginer, vous avez raison de poser cette question, de l’engagement et de l’investissement pour développer ce genre de culture. On pourrait donc apporter notre savoir faire aux paysans qui décideraient de le faire.

Lesieur vient de reprendre Puget et d’intégrer donc l’huile d’olive dans ces activités. Comme vous le savez certainement, la Tunisie peine encore à donner à sa huile d’olive qu’elle vent en vrac. Qu’elles pourraient être les nouvelles perspectives que pourrait offrir votre groupe pour l’huile d’olive tunisienne ?
Je pense que nous avons besoin, dans le groupe, de diversifier nos sources d’approvisionnement en matière d’huile d’olive. Nous sommes leader français, en tant que Lesieur et avec nos marques Puget et Lesieur Olive, leader de l’activité marketée de ce produit et nous avons besoin de diversifier nos origines. Il y a l’Espagne, il y a l’Italie et la Tunisie, où il y a des produits de qualité, doit être aussi une de nos sources d’approvisionnement. Il y a bien sûr un régime communautaire européen qui s’applique à l’importation de l’huile d’olive venant de Tunisie, il y a toujours un problème de quotas et il faut qu’on puisse s’inscrire dans ce quotas.

Comment imaginez-vous pouvoir détourner ces obstacles pour inscrire l’huile d’olive tunisienne parmi vos sources d’approvisionnement ?
Je pense que c’est surtout à travers la pérennité contractuelle qu’on pourrait avoir sur des qualités données d’huile d’olive dont on a besoin, que va se nouer une régularité d’approvisionnement et donc une disponibilité d’exportation, long terme, de l’huile d’olive tunisienne vers la France entre Lesieur et les partenaires tunisiens.

Vous pensez là à des contrats programmes entre producteurs tunisiens d’huile d’olive et Lesieur ?
C’est bien qualifié ce que vous dites et il faudrait qu’on arrive à ce genre de démarche.

[Source] Cliquer ici

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