05 Apr

L’huile d’olive tunisienne va se doter d’un label

L’huile d’olive tunisienne, qui fait de la Tunisie le 4ème exportateur mondial de ce produit, a tous les atouts pour être consommée et connue à l’international sous un label tunisien.

Ce produit biologique, lié à l’histoire de la Tunisie et écoulé sur les marchés extérieurs comme un breuvage anonyme, souffre encore d’un déficit d’image. Seul 1 % des quantités exportées est conditionné, le reste est vendu en vrac et est valorisé, sur les marchés extérieurs, par des sous-traitants étrangers.

Pour remédier cette situation et explorer de nouvelles pistes pour la promotion des exportations de l’huile d’olive conditionnée et repositionner ce produit tunisien sur les marchés extérieurs, le Centre technique de l’emballage et du conditionnement (PACKTEC) et le ministère de l’Industrie ont organisé, jeudi à Tunis, une journée d’information destinée aux producteurs, exportateurs, designers, experts en marketing et représentants de fonds spécialisés.

L’objectif fixé pour la prochaine période 2007-2011 vise à améliorer ce maigre résultat, à porter ce pourcentage à 10 % (avec une progression de deux points par an) et à augmenter le nombre des exportateurs de 20 % (actuellement entre 8 et 10 exportateurs).

Ouvrant les travaux de cette manifestation, M. Afif Chelbi, ministre de l’Industrie, de l’énergie et des petites et moyennes entreprises a souligné la place économique prépondérante qu’occupe la filière d’huile d’olive en Tunisie, précisant que les exportations du secteur représentent 43 % de la valeur globale des exportations agroalimentaires.

Le ministre a rappelé dans ce contexte la croissance de 8 % des investissements consacrés aux huileries et aux unités d’emballage au cours du Xème plan de développement (2002-2006), relevant que malgré la véritable transformation qu’a connue le secteur à travers la modernisation des méthodes et équipements de production, beaucoup reste à faire en matière de marketing, de promotion et d’emballage.

Le ministère de l’Industrie est disposé à aider les professionnels et les exportateurs du secteur à promouvoir ce volet (marketing) et à mettre en œuvre les recommandations issues de cette journée, a-t-il conclu.

M. Aref Belkhiria, président de la Chambre syndicale des exportateurs de l’huile d’olive a identifié quelques pistes pour explorer des marchés à l’exportation et promouvoir l’huile d’olive sous des labels tunisiens.

Il s’agit de la réalisation d’un programme de marketing à l’export auquel tous les intervenants seront associés, la création d’une commission pour assurer le suivi des idées et recommandations issues des manifestations organisées sur l’huile d’olive, l’amélioration des résultats dits «classiques» réalisés sur les marchés de l’Europe, les Etats Unis et le Japon, réputés pour être de grands consommateurs d’huile d’olive.

M. Belkhiria a recommande également l’exploration de nouveaux marchés tels que la Chine, l’Inde, le Canada et la Russie, la promotion de la Tunisie en tant que pays traditionnellement producteur de l’huile d’olive de qualité (salons et manifestations internationales) et la diversification des designs et des produits d’emballage (verre, métal, céramique, plastique) outre l’adaptation des designs aux exigences des marchés ciblés.

M.Gérard Caron, expert français en marketing a donné en exemple le consommateur américain qui préfère l’originalité et la richesse du décor et le japonais qui lui privilégie la transparence, le goût et la couleur.

Autres recommandations de cette journée : l’institution au profit des exportateurs d’une aide directe calculée en fonction des quantités conditionnées exportées, la réexamen de l’utilisation du plastique dans l’emballage d’huile d’olive, l’intensification des participations aux concours internationaux pour le choix des meilleures huiles et la création d’un groupement interprofessionnel pour faciliter la promotion et le marketing d’huile d’olive.

Les participants ont aussi appelé à créer des marques et des labels tunisiens et à faire associer le secteur du tourisme à la promotion de ce produit dans les hôtels et au sein des espaces touristiques.

L’histoire a aussi son rôle dans le marketing, estime M.Hassine Fantar, professeur d’histoire et titulaire de la chaire Ben Ali pour le dialogue des cultures, des civilisations et des religions.

L’historien estime que la culture de l’olivier qui remonte aux époques punique, romaine, vandale et byzantine peut inspirer les exportateurs tunisiens d’huile d’olive pour la création de marque typiquement tunisiennes. M. Fantar a fait remarquer que l’authenticité peut jouer un grand rôle dans l’attraction de la clientèle étrangère.

Il recommande ainsi l’utilisation des textes historiques pour le marketing, la création d’un musée de l’olivier et d’une encyclopédie (un ouvrage de luxe) sur l’huile d’olive et l’olivier et l’organisation d’un colloque international en Tunisie sur l’olivier en tant qu’arbre fédérateur des peuples méditerranéens et l’huile d’olive comme un produit d’intégration sociale et de stabilité politique.

Intervenant à la clôture de cette journée, M. Abdelaziz Rassaa, secrétaire d’Etat chargé de l’Energie renouvelable et des industries alimentaires a souligné que l’huile d’olive contribue d’une manière efficace à la garantie de la sécurité alimentaire de la Tunisie d’où la nécessité de développer cette filière et d’améliorer sa compétitivité.

Il a rappelé à ce sujet l’objectif fixé pour les industries alimentaires, soit la réalisation d’un taux de croissance de 6 % et l’augmentation de la valeur des exportations agroalimentaires à 1650 millions de dinars par an.

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