30 Apr

Le Siagrim s’impose comme une vitrine de l’agriculture marocaine

Par Abdelmoumen Guennouni,

813 exposants venant de 23 pays et plus de 400 000 visiteurs
Les exposants satisfaits des niveaux des contacts et de la qualité des participants, des imperfections à corriger pour garder la dynamique.

Le Salon international de l’agriculture du Maroc (Siagrim) a réussi sa deuxième édition. Organisé du 19 au 24 avril, cet événement qui a élu domicile à Meknès, a reçu plus de 400 000 visiteurs et réuni 813 exposants venant de 23 pays. Soulignons, à cet égard, que le taux de retour des étrangers qui ont participé à la première édition est significatif. Un signe de succès?

On peut le dire tant les professionnels nationaux et étrangers ont apprécié la qualité des participants et des multiples contacts qu’ils y ont noués. Pour les organisateurs, notamment le wali de la région, le pari de faire du salon de la capitale ismaélienne un rendez-vous international annuel incontournable pour la filière agricole est donc en passe d’être réussi.

L’élevage a fait un tabac
Pour préserver la dynamique, il faudra cependant remédier à plusieurs problèmes soulevés dans les coulisses par de nombreux exposants. Certes, les imperfections relevées lors de la première édition, en 2006, étaient compréhensibles tant le salon avait été préparé dans des délais record. Mais maintenant que le Salon s’est fait un nom, ce ne sera plus le cas pour les prochaines éditions.
Sur la liste des récriminations figure le prix de la location des stands, en forte hausse par rapport à l’année précédente.

Ainsi, pour le machinisme, nécessitant des stands importants, il fallait débourser 400 DH pour un m2 contre la moitié en 2006. Les fréquentes coupures de courant, le déplacement improvisé des stands, la signalisation imparfaite des différents lieux, le non-respect du calendrier des conférences et autres activités, l’absence de sanitaires les premiers jours et leur état par la suite ont aussi été pointés du doigt. Le lieu de l’exposition ne fait pas non plus l’unanimité.

Les pluies qui se sont abattues sur la région ont rendu certains endroits du salon très boueux. Mais il semble que les organisateurs ont pris conscience des difficultés de l’organisation d’une manifestation de cette envergure et réfléchiraient à l’idée de la programmer une année sur deux seulement. Mais pour l’heure, aucune décision n’est annoncée.

En attendant, les professionnels d’ici et d’ailleurs en font une devanture importante pour leurs affaires. Des pays qui ont fait le déplacement, la France a été la plus remarquée. Pour Abdel Ourzik, franco-marocain responsable du pavillon français, la participation de l’Hexagone au salon dénote de son intérêt pour le Maroc, partenaire naturel et privilégié.

La France a occupé 1 035 m2 et emmené 51 sociétés contre 10 seulement pour la précédente édition. Le stand s’est voulu une vitrine du savoir-faire agroalimentaire français et le choix s’est porté sur une technologie simple, facilement transférable auprès des agriculteurs (semoirs manuels, petit équipement pour l’hygiène des bâtiments, techniques de valorisation des résidus en matières organiques et de dépollution des eaux, élevage, formation…).

Du côté des spécialités, l’élevage a une fois de plus fait un tabac. Implanté sur 13 000 m2, le pôle dédié à l’élevage est celui qui a attiré le plus de visiteurs, sachant que 75% des agriculteurs sont avant tout des éleveurs. L’élevage bovin laitier, encadré par l’Association nationale des éleveurs de bovins (Aneb), a occupé une place de choix dans le pôle. Les 144 bovins laitiers exposés, de races pures, sont nés et ont été élevés au Maroc. Leur production laitière moyenne varie entre 6 000 et 8 000 litres par an.

Les vaches qui ont participé au concours organisé lors du Salon et destiné à motiver les éleveurs atteignent même des records de production allant de 9 700 à 11 000 litres par an. Les éleveurs estiment que, grâce à ce type d’élevage moderne, la production laitière peut totalement couvrir les besoins du pays, contre 86% en temps normal, à condition de bénéficier des soutiens nécessaires.

L’oléiculture moins bien représentée que l’année dernière
Espace de promotion, le Siagrim est également une occasion de valoriser certaines cultures. Ce qui a été le cas pour nombre de variétés de fruits et légumes. En revanche, pour l’oléiculture, qui fait pourtant l’objet d’une grosse campagne promotionnelle en milieu rural, on a relevé une stagnation. L’espace qui lui a été consacré durant cette édition est bien inférieur à celui de l’année dernière et ce pour des raisons inexpliquées (une demi-douzaine de stands contre 40 sociétés en 2006).

Pourtant, à l’instar de l’année dernière, de nombreux visiteurs sont venus de loin, principalement pour s’informer sur cette filière. Ils ont donc dû se rabattre sur le stand de l’Udom (Union pour le développement de l’olivier de Meknès). Selon Noureddine Ouazzani, son secrétaire général et professeur à l’ENA de Meknès, cette association vise à faire de la région un modèle de développement oléicole qui peut être reproduit dans d’autres régions du pays.

Depuis sa création, il y a 3 ans, par les plus gros industriels de l’huile d’olive, assurant 75 à 80% des exportations marocaines, l’union a contribué à la création de huit marques et à l’utilisation de marques logo et emballage, outre la création d’une appellation d’origine contrôlée (AOC Meknès). Espérons que, pour la prochaine édition, l’olive aura la place qui lui revient.

Equipements – Une machine pour un aliment de qualité à la ferme
Pour cette activité, on retiendra une hacheuse mélangeuse distributrice de nourriture du bétail permettant de préparer directement, à la ferme, à partir des grains, fourrages, ensilages et autres, disponibles sur place, des aliments de meilleure qualité que ceux fabriqués industriellement, selon le constructeur. Cette machine, importée d’Italie par Comicom permet, entre autres, l’augmentation de la production laitière, la baisse du coût de la ration, la baisse des coûts en main-d’œuvre, le gain de temps… Sa durée de vie, 30 ans, permet largement d’amortir le coût, de l’ordre de 280 000 DH.

[Source] Cliquer ici

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