01 Jul

Les huiles végétales

Par Christian Bauer, Ingénieur, naturopathe, thérapeute

Huile aromatiqueL’une des choses primordiales afin de consommer des huiles de qualité est de les acheter biologiques et de première pression à froid. – De qualité biologique pour éviter d’ingérer des pesticides et des OGM par exemple.
– De première pression à froid car une huile chauffée et raffinée (le but de ces procédés étant uniquement d’augmenter le rendement au détriment de la qualité) perd une grande partie de ses propriétés : les fragiles doubles liaisons dont nous avons parlé se rompent à la chaleur, le raffinage utilise de nombreux solvants chimiques.

De manière générale, il vaut mieux éviter de chauffer les huiles. Plus ces huiles contiennent d’AGPI, plus elles sont fragiles (comme les huiles de noix, de maïs ou de soja). A température relativement basse, il est possible de chauffer des huiles comme l’huile d’olive, celle d’arachide voire celle de tournesol. Pour les fritures, il faut préférer l’huile de palme. Dans tous les cas, attention à ne pas surchauffer l’huile, à la renouveler fréquemment et aussi à la filtrer des particules noires qui restent présentes après chauffage.Entre parenthèses et pour démystifier un peu tous ces termes pseudo-scientifiques (oméga 3, 6, 9), ces appellations ne correspondent en fait qu’à la localisation de la première double liaison carbone-carbone au sein de la molécule. C’est-à-dire que si c’est à partir du 3e carbone qu’il y a une double liaison, la molécule sera appelée oméga 3. C’est en réalité un peu plus compliqué que cela, mais cela ne reste ni plus ni moins qu’une méthode de classification sans plus d’intérêt.

Les huiles sont aussi sensibles à la lumière et à l’oxygène. Il est donc conseillé de les stocker à l’abri de la lumière et de refermer le bouchon. Ce n’est pas un hasard si les fabricants utilisent des flacons en verre teinté assez sombre (éviter le plastique !). Certains poussent le perfectionnisme jusqu’à mettre les huiles au froid pour diminuer encore l’effet oxydatif. Pourquoi pas ? Il faut simplement savoir que les points de solidification des huiles sont très proches des températures ambiantes et qu’à basse température des cristaux solides peuvent se former. L’huile de palme, par exemple, est vendue en pain solide à température ambiante.

Voyons maintenant les principales propriétés des huiles les plus courantes.
Pour en savoir plus, se reporter en fin d’article.

L’huile d’olive
C’est sans doute l’huile la plus médiatiquement réputée en terme de santé. Cependant, elle ne contient que peu des fameux AGPI (acides gras poly-insaturés oméga 3 et 6). Elle contient surtout de l’acide oléique ou encore oméga 9 qui est mono-insaturé (une seule double liaison carbone-carbone) et qui supporte donc mieux la cuisson. Il existe plusieurs qualités d’huile d’olive : huile d’olive vierge extra (ne pas chauffer), huile d’olive vierge extra fruitée, huile d’olive vierge extra douce. Elle contient les vitamines A, D, E et K, joue un rôle non négligeable à de nombreux niveaux notamment artériel, hépatique, rénal, digestif, cutané.

L’huile de lin
Elle est très difficile à conserver car très riche en oméga 3 (qui sont les acides gras essentiels les plus difficiles à trouver dans la nourriture). C’est pourquoi il est très difficile de la trouver hormis en capsule dans certains magasins de diététique, et à un prix peu abordable. Le plus facile reste donc de l’absorber sous forme de graines directement, le prix restant accessible. Ces effets au niveau cutané, hormonal, artériel, diabète, rénal hépatique, intestinal, articulaire sont importants. Les graines de lin constituent l’une des bases de la diététique du Dr. Kousmine.

L’huile de colza
C’est une huile dont le rapport oméga 3 / oméga 6 est intéressant. Elle a en effet un ratio d’environ 1/3 en ce qui concerne les 2 acides gras essentiels. Son prix est abordable mais son goût est assez prononcé. Elle est également une source non négligeable en vitamine E (l’un des principaux anti-oxydants). Cette huile a fait couler beaucoup d’encre dans les années 80 du fait de sa haute teneur en acide érucique toxique. Depuis, une variété de colza à faible teneur en acide érucique a été développée, elle est aussi connue sous le nom de canola. Apparemment tout va bien. Un doute subsiste cependant quant à son innocuité si l’on se réfère au site canadien www.evolutionquebec.com. Info ou intox ? Difficile à dire mais restons vigilants. Ce site dénonce aussi certains méfaits de l’huile de soja. Toutefois, cette huile possède les propriétés liées à la présence des AGPI (voir ci-dessus).

L’huile de noix
C’est un compromis intéressant. Cependant, elle reste assez onéreuse à l’achat. Elle contient une proportion intéressante d’AGPI (dont le rapport en d’environ 1/10 entre oméga 6 et 3). Elle s’oxyde assez vite mais pas autant que l’huile de lin ce qui permet d’en trouver en boutique diététique.

L’huile de soja
Elle a un profil un peu similaire à l’huile de noix en ce qui concerne les AGPI. Elle contient aussi des vitamines A, D et E ainsi que de la lécithine (comme le jaune d’œuf). Elle est très employée dans les préparations composées. Avec le soja, attention aux OGM.

L’huile de germes de blé
Elle est très chère car il faut de très grandes quantités de blé pour composer un litre d’huile. Elle est surtout connue pour sa bonne teneur en vitamine mais contient aussi des AGPI, des vitamines A D et K. On lui reconnaît des propriétés reminéralisante, revitalisante, facilitant l’oxygénation cellulaire (anti-anémique, anti-fatigue,…).

Au niveau thérapeutique, je me permets un petit coup de cœur pour l’huile de calophylle (Calophyllum Inophyllum). Malgré une odeur assez particulière, c’est un très puissant régénérant et cicatrisant tant au niveau digestif qu’au niveau cutané, un décongestionnant prostatique très intéressant associé à des huiles essentielles comme le lentisque pistachier, un anti-infectieux et anti-inflammatoire oropharyngé, un fluidifiant sanguin, un protecteur capillaire et régénérant veineux (associé à l’hélichryse italienne dans le traitement des phlébites par exemple), un anti-acnéïque, anti-eczéma. Elle permet également d’atténuer le psoriasis. Cette huile est aussi utile en cas d’engelures, de crevasses, d’esquarres, de vergetures, de fissures anales, de radiodermites (très utiles en cas de radiothérapie), de mycoses, d’herpès, d’érythèmes. Elle aide au retardement de tâches de vieillesses, attenue les rides, les vieilles cicatrices, soulage les contractures musculaires et les entorses.
Attention cependant, il est déconseillé d’utiliser les huiles grasses (de manière générale) en cas de démangeaison.

Bien sûr, il existe une quantité énorme d’huiles végétales. Elles ont toutes des propriétés d’un côté similaires mais souvent aussi particulières. Le fait d’utiliser à bon escient et de manière alternée les huiles précitées (mise à part l’huile de calophylle qui est à usage thérapeutique) me semble déjà être une première approche intéressante.
Nous pourrions également citer les huiles de carthame, de maïs, d’amande douce, de noisette, d’onagre, de bourrache, de pépins de courges, de pépins de raisin, de tournesol, etc.

Il ne me semble pas nécessaire non plus de boycotter complètement les poissons des mers froides quant à l’apport en oméga 3 pour les personnes non végétariennes. Le doute et la peur en ce qui concerne la consommation des aliments, même les plus sains possible, paraît être aussi un facteur pouvant générer des pathologies. Donc, pas trop de panique, et surtout, restons à l’écoute de notre corps !

[Source] Cliquer ici

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