29 Oct

Oléiculture : la Tunisie s’interroge sur la préservation de son positionnement international

Par H.L.,

grappe d'olives vertes Quelles sont les dispositions prises par la Tunisie pour garder son positionnement sur le marché mondial de l’huile d’olive ? Telle était la principale question à laquelle ont essayé de répondre les participants à la table ronde organisée, samedi matin 27 octobre 2007, lors d’un atelier, en marge du SIAMAP 2007. Les participants représentaient les ministères de l’Agriculture, de l’Industrie, mais également l’Office national de l’huile (ONH) et certains instituts spécialisés tel celui de l’Olivier.

Un agriculteur s’est tout d’abord posé la question : comment se fait-il qu’un litre d’huile d’olive tunisienne soit vendu sur le marché local aux alentours de 4 dinars alors que son prix est de 16 dinars environ sur le marché européen et quelle est la part de l’agriculteur tunisien de cette différence du prix pour un même produit ?

En fait, la question soulevée par l’agriculteur, un jeune originaire de Sfax, résume bel et bien toute la problématique du secteur de l’olivier et de l’huile d’olive en Tunisie. Il s’agit notamment de conserver notre positionnement sur certains des marchés dits traditionnels tout en s’employant davantage à conquérir de nouveaux marchés dans les cinq continents du globe.

La Tunisie, avec ses 65 millions de pieds, occupe la quatrième place au monde du point de vue de nombre d’oliviers. Sur le plan de la superficie destinée à l’oliveraie, elle détient la première place dans le monde avec un total de 1,67 million d’hectares.

S’agissant de la production, les résultats des dix dernières années indiquent une moyenne de 152 mille tonnes par an. Toutefois, la production a oscillé entre 200 mille tonnes pour la campagne 2002/2003 et 30 mille tonnes pour la campagne 2000/2001. C’est dire combien la campagne est tributaire des aléas climatiques et de la pluviométrie d’autant plus que 90% au moins de l’oliveraie en Tunisie sont cultivés en sec.

Au cours des trois dernières années, la production moyenne était de l’ordre de 200 mille tonnes, soit une aubaine pour les exportateurs qui, du coup, doivent se déployer à fond pour dénicher de nouveaux marchés sans pour autant omettre de renforcer notre positionnement dans les marchés traditionnels, particulièrement en Europe.

Les exportations tunisiennes d’huile d’olive représentent quelque 6% des exportations mondiales, une quantité qui permet au pays d’occuper la seconde place mondiale (derrière l’Italie) mais une place qui n’est plus sûre avec l’arrivée de nouveaux pays comme la Syrie par exemple.

Si la Tunisie est parvenue à atteindre son record au cours de la campagne 2003/2004, grâce aux résultats de l’année certes mais aussi aux reliquats de la campagne précédente, atteignant 208 mille tonnes, les résultats des trois dernières années indiquent une moyenne annuelle de 150 mille tonnes. La fin du monopole de l’ONH, et, par conséquent, l’entrée du secteur privé dans l’exportation de l’huile d’olive y est pour beaucoup.

Les participants étaient unanimes pour souligner que pour gagner le pari de l’exportation de l’huile d’olive tunisienne, la qualité doit être non seulement maintenue mais surtout améliorée. C’est là la condition nécessaire, mais si elle n’est pas suffisante pour continuer à exporter, surtout après l’entrée en vigueur de l’EUREPGAP qui implique de nouvelles exigences en matière de qualité et de traçabilité du produit.

En effet, pour pouvoir vendre sur le marché international, il faut pouvoir concurrencer, grâce notamment à un rendement meilleur, d’où la seconde contrainte à laquelle est exposée l’oléiculture en Tunisie. A cela, il faudrait ajouter le conditionnement pour pouvoir mieux se comporter sur le marché mondial.

Le partenariat avec l’Union européenne constitue, selon les dires des participants, une autre condition, non la moindre, pour gagner le pari de l’exportation de l’huile d’olive, d’autant plus que le marché européen constitue traditionnellement notre principal marché. Mais pour les exportateurs, la concurrence sur ce marché est faussée à cause des subventions accordées par les pouvoirs publics aux oléiculteurs européens. Sur ce registre, ils clament davantage d’encouragements pour les aider dans leur conquête.

[Source] Cliquer ici

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