25 Aug

Etude de positionnement stratégique de la branche Huilerie Tunisienne

L’oléiculture jouit d’une place stratégique dans l’agriculture avec une superficie de 1,6 millions d’hectares soit 30% des terres agricoles et 56 millions de pieds d’oliviers.

La production d’olives à huile est tributaire des conditions climatiques et reste une culture traditionnelle.

Situation nationale :
L’activité compte près de 1 440 huileries et occupe 250 000 oléiculteurs. La production est répartie entre le Sud (54%), le Centre (29%) et le Nord (17%) alors que les huileries sont essentiellement implantées au Centre (46%) et au Sud (40%).

La capacité totale de trituration est constituée de système classique (42%), de super presse (27%) et de chaîne continue (31%).

Les investissements réalisés durant la période 1993-1998 sont estimés à 14,5 M TND/an essentiellement dans la création de nouvelles huileries (6,6 M TND/an), la modernisation d’huileries anciennes (3,5 M TND/an) et l’extraction d’huile de grignons (2,2 M TND/an).

Il existe 24 unités de conditionnement d’une capacité théorique de l’ordre de 15 000 tonnes.

La consommation locale est évaluée à 53 000 T par an. L’huile d’olive représente 4% des exportations totales et 44% des exportations agroalimentaires de la Tunisie. Plus de 96% des exportations sont destinées à l’Italie et à l’Espagne.

Depuis 1994, la collecte et l’exportation l’huile d’olive ont été réglementées et libéralisées.

Situation internationale :
La production mondiale est estimée à 2 millions de tonnes par an. Les pays méditerranéens en fournissent 98% et en consomment 94%.

L’huile d’olive est rare, elle représente à peine 4% du marché des huiles alimentaires. Les leaders mondiaux sont dans l’ordre :

  • L’Espagne produit 660 000 tonnes, exporte 250 000 T/an et importe en moyenne 77 000 T/an.
  • L’Italie produit en moyenne 500 000 T/an.

C’est le premier importateur mondial d’huile d’olive avec 307 000 T/an et le deuxième exportateur avec 156 000 T/an.

  • La Grèce, troisième producteur avec 360 000 T/an, exporte 145 000 T/an et importe une faible quantité (9 000 T/an).
  • La Tunisie quatrième, produit 157 000 T/an, exporte plus 70% de sa production et n’importe pas d’huile d’olive.

Comparée aux prix de vente d’autres huiles végétales, celui de l’huile d’olive est élevé, le rapport dépasse les 2,5.

En Europe, il existe un grand nombre de marques commerciales : on dénombre 12 AOC en Espagne, 12 en Italie et 27 en Grèce.

Comparaison internationale :
Le tableau de Benchmarking qui comprend les premiers pays producteurs et accessoirement la Turquie fait ressortir que :

  • la Tunisie présente un ratio exportation / production élevé (71%) contre 38% pour l’Espagne et 33% pour l’Italie.
  • les exportations tunisiennes d’huile d’olive conditionnée sont très faibles (2%) contre 65% en Italie, 45% en Espagne et 40% en Grèce.
  • la qualité produite comporte des différences remarquables : 75% de production d’huile extra vierge en U.E, contre 25% à 30% pour la Tunisie.
  • les huileries tunisiennes ne sont pas dotées d’installations d’analyses et de contrôle. Seul l’ONH a des laboratoires suffisamment équipés, alors que l’Espagne compte un laboratoire central pour 10 huileries.
  • la campagne en Tunisie est de 90 jours contre 60 jours en Europe. L’attente des olives avant trituration est de 6 jours en moyenne en Tunisie, contre un délai de 2,5 jours en Espagne et en Italie.

Quant à la formation aux métiers clés de l’oléifaction (maître d’huilerie, dégustateur, mécanicien) tout comme la mécanisation de la cueillette d’olives, elles sont inexistantes en Tunisie.

Les coûts tunisiens représentent les deux tiers des coûts espagnols mais la compétitivité de la Tunisie est variable selon les stades de production :

  • les coûts tunisiens d’entretien de l’oliveraie et du travail du sol sont 50% plus élevés que les coûts espagnols (601 USD par tonne d’huile en Tunisie contre 409 USD/T en Espagne) ;
  • l’oléiculture en Tunisie utilise peu d’engrais et de fertilisants, les coûts sont de 23 USD/T d’huile en Tunisie contre 166 USD/T en Espagne ;
  • le coût de trituration est compétitif en Tunisie : 45 USD/T d’huile contre 48 USD/T en Espagne et 180 USD/T en Italie.

L’absence de marque phare, de label de qualité et d’appellation d’origine contrôlée font que l’huile tunisienne reste inconnue et inexistante sur le marché mondial.

Créneaux et marchés porteurs :
La conquête de nouveaux créneaux et marchés se pose en termes de production d’huile de qualité, d’instauration de label de qualité, de lancement de marque d’appellation d’origine contrôlée et de valorisation des sous-produits.

Outre les Etats-Unis, grand consommateur et non producteur de nouveaux consommateurs, apparaissent : le Canada, l’Australie, le Japon, les pays du Golfe, les pays nordiques etc). [Source] Click here

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One Response to “Etude de positionnement stratégique de la branche Huilerie Tunisienne”

  1. aniss Says:

    dd

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